France: LFI pointée du doigt après la mort d'un militant identitaire à Lyon information fournie par Reuters 16/02/2026 à 11:08
La France insoumise (LFI) a été vivement mise en cause lundi après la mort d'un militant identitaire à Lyon, la porte-parole du gouvernement estimant que le mouvement classé à l'extrême gauche porte a minima une "responsabilité morale" pour ce que le ministre de l'Intérieur a qualifié de "lynchage".
Agressé jeudi soir et décédé samedi après deux jours de coma, Quentin D. faisait partie du "service d'ordre" du groupe identitaire Némésis lors d'une manifestation contre une conférence de la députée LFI Rima Hassan à l'Institut d'études politiques de Lyon.
Les auteurs de l'agression n'ont pas encore été identifiés mais le groupuscule d'extrême droite a accusé la Jeune Garde, un groupe antifasciste dissous en juin 2025, d'avoir tendu un "guet-apens" à son militant.
La Jeune Garde a été fondée par le militant antifasciste lyonnais Raphaël Arnault, élu député en 2024 dans le Vaucluse sous les couleurs de LFI.
Si l'intéressé a dit ressentir "horreur et dégoût" après la mort de Quentin D., la présence de son assistant parlementaire à Lyon au moment des faits a braqué les projecteurs sur l'élu insoumis.
"Il y a un affrontement qui se termine par un lynchage (...) Manifestement c'est l'ultra gauche, aucun doute là-dessus, et donc voilà, on pense évidemment tout de suite à la Jeune Garde", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, lundi matin sur France Inter.
"La radicalité dans le discours, ça peut parfois se traduire par de la violence dans la rue (...) A supposer que ce soit des militants de la Jeune Garde qui sont en cause, il y a des liens extrêmement forts entre la France Insoumise et la Jeune Garde", a-t-il ajouté.
"CLIMAT DE VIOLENCE"
En meeting à Montpellier dimanche, le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon, a eu beau exprimer "notre sidération mais aussi notre empathie et notre compassion" et se redire "hostile et opposé à la violence", ses adversaires politiques entendent pointer du doigt la stratégie de confrontation du mouvement à l'approche des élections municipales du mois prochain.
"La France insoumise encourage depuis des années un climat de violence", a accusé la porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, lundi matin sur BFM TV. "Il y a donc vis-à-vis du climat politique, du climat de violence, une responsabilité morale de la France insoumise, évidente."
Le porte-parole du Rassemblement national (RN, extrême droite) a également pris pour cible LFI.
"C'est un drame politique parce qu'il y a en France un mouvement politique qui encourage la violence, qui encourage l'antisémitisme, qui encourage finalement le combat politique au sens physique", a déclaré Laurent Jacobelli sur BFM TV.
Ce week-end, le président Emmanuel Macron a appelé "au calme, à la retenue et au respect", une préoccupation également exprimée par Laurent Nuñez, qui a dit avoir demandé aux préfets de se montrer "extrêmement attentifs autour des rassemblements politiques, autour des permanences" des élus et des candidats aux élections municipales.
"Dans la nuit de vendredi à samedi, y a une dizaine de permanences de députés LFI qui ont été dégradées", a souligné le ministre de l'Intérieur sur France Inter.
(Rédigé par Tangi Salaün, avec la contribution de Bertrand Boucey et Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault)