France-Les pêcheurs s'engagent à lever les blocages, dit Chabaud
information fournie par Reuters 17/09/2026 à 18:00

(Actualisé avec déclarations de la ministre de la Mer et de la Pêche)

Les pêcheurs de Méditerranée ont poursuivi jeudi leur mouvement de blocage dans les ports de Nice (Alpes-Maritimes) et du Grau-du-Roi (Gard), ainsi que devant le dépôt pétrolier de Frontignan (Hérault), pour protester contre la hausse des prix du gazole, ont rapporté des participants.

La ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, a cependant déclaré à l'issue d'une réunion avec des représentants de la profession à Paris qu'ils s'étaient "engagés à débloquer les barrages". "J'ai déjà eu des retours de certains d'entre eux, ça se débloquait", a-t-elle dit à la presse.

Catherine Chabaud a annoncé que les pêcheurs confrontés à des problèmes de trésorerie en raison de la flambée du prix du gazole pourraient contracter des prêts à taux zéro en attendant le versement des aides promises par le gouvernement.

L'exécutif, qui finalise la préparation de la loi de finances pour 2027, a déclaré mercredi que l'"aide carburant" pour les pêcheurs serait relevée de 25 à 35 centimes par litre.

Les professionnels du secteur qui se mobilisent depuis lundi, de Dunkerque (Nord) à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), attendaient également des mesures structurelles de la ministre de la Mer et de la Pêche.

Catherine Chabaud a estimé que le plan de gestion de la Méditerranée mis au point par la Commission européenne, qui "empêche parfois les pêcheurs de reprendre la mer", n'était plus adapté aujourd'hui, promettant d'en discuter avec Bruxelles.

Elle a également déclaré que les pêcheurs avaient été "rassurés" sur le thon rouge, dont ils dénonçaient les règles de gestion des quotas. Elle a annoncé des réunions plus régulières pour traiter de questions administratives, autre facteur de colère pour la profession.

Le mouvement dans le Sud a débuté mardi matin par une opération de blocage du terminal pétrolier de Fos-sur-Mer, qui a pris fin à la suite d'une intervention policière.

"Les pêcheurs sont étranglés, étouffés", a déclaré Gérard Corrodano, premier prud’homme pêcheur à La Ciotat (Bouches-du-Rhône). "Les pêcheurs sont l'espèce la plus menacée en Méditerranée, nous étions 70 à La Ciotat dans les années 1950, nous ne sommes plus que huit aujourd’hui. Je ne sais pas comment le mouvement va évoluer."

(Reportage Marc Leras avec Jean-Stéphane Brosse à Paris, édité par Sophie Louet)