France: Le tireur présumé de Trappes placé de nouveau en garde à vue, conteste toute visée raciste
information fournie par Reuters 27/10/2026 à 07:34

Marche en hommage à Pengo Bossio Wangi, âgé de 26 ans, décédé lors d'une fusillade depuis une voiture à Trappes

L'auteur présumé du "périple meurtrier" terroriste qui a fait un mort et sept ‌blessés, dont quatre graves, le 23 octobre dans les Yvelines a de nouveau été placé en garde à vue lundi après une expertise psychiatrique le jugeant ​apte à des auditions, a annoncé le procureur national antiterroriste.

Kevin T., 39 ans, interpellé à Coignières (Yvelines) au volant de sa voiture vendredi dernier par des policiers après avoir ouvert le feu en "huit scènes de crime" à Trappes puis La Verrière dans le même département, "conteste le caractère raciste" de ses actes, a précisé Olivier ​Christen lors d'une conférence de presse.

La mesure de garde à vue à son encontre avait été levée samedi soir pour des raisons médicales après qu'il eut tenu des "propos incohérents" et commis des "actes auto-agressifs", a dit ​le procureur du PNAT. Une source proche de l'enquête évoquait alors dans plusieurs ⁠médias un diagnostic de schizophrénie, en marge de l'hospitalisation du suspect à Paris.

Au terme d'un période d'observation, un psychiatre de l'infirmerie psychiatrique de ‌la préfecture de police a procédé lundi à un nouvel examen qui a conclu à la possibilité de reprendre la garde à vue, mesure décidée dans l'après-midi qui pourra durer jusqu'à jeudi soir.

Kevin T., a dit le procureur, "ne présente pas de symptômes ​de décompensation aiguë, ni de signes directs ou indirects en ‌faveur d'une activité hallucinatoire ou délirante", ni de "signes cliniques d'une pathologie aliénante décompensée".

L'homme, habitant à Plaisir (Yvelines) dans un ⁠appartement qu'il avait piégé en prévision d'une intervention des forces de l'ordre, a mené "un périple meurtrier particulièrement préparé", a souligné Olivier Christen.

Périple qui a justifié l'ouverture d'une enquête pour, notamment, "assassinat et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste", avec la circonstance aggravante que les faits ont été commis "à raison de l'appartenance vraie ⁠ou supposée à une prétendue race, ‌une ethnie, une nation ou une religion déterminée".

LE PNAT SOULIGNE QUE TRAPPES N'EST PAS UNE "PREMIÈRE"

A ce sujet, le procureur national ⁠antiterroriste a fait une mise au point à la suite des propos controversés d'Emmanuel Macron sur un "premier" acte terroriste "à raison de la couleur ou de la ‌religion", factuellement faux.

Olivier Christen a rappelé que cette circonstance aggravante, aux termes de la loi pour la sécurité intérieure de février 2003, avait ⁠déjà été retenue en matière de terrorisme pour l'attaque commise par Mohamed Merah à Toulouse en 2012 contre une ⁠école juive qui avait fait sept ‌morts. Le magistrat a cité également l'attentat contre la synagogue de La Grande Motte (Hérault) en août 2024, ou encore l'assassinat d'un coiffeur d'origine tunisienne à Puget-sur-Argens (Var) en ​mai 2025.

Dans le périple de 12 kilomètres qu'il a entamé à 10h00 le 23 ‌octobre à Trappes au volant de sa voiture, Kevin T. a tiré au pistolet mitrailleur en huit lieux, tuant sur la troisième "scène de crime" Pengo Bossio Wangi, 26 ans, a relaté ​Olivier Christen. Le tireur a été interpellé à 10h20. Au total, 128 munitions ont été tirées.

Le pronostic vital de l'enfant de 11 ans grièvement touchée lors de la huitième et dernière scène de crime, à La Verrière, n'est plus engagé depuis dimanche, a-t-il précisé. Le pronostic vital reste toutefois engagé pour ⁠l'un des trois autres blessés graves. Trois de ces quatre personnes restent hospitalisées.

Trois autres personnes ont été légèrement blessées et huit autres, dont une enfant de 12 ans, directement visées par les tirs n'ont pas été blessées physiquement, a poursuivi Olivier Christen.

Inconnu des services de renseignement, Kevin T. était sous l'empire de THC (tétrahydrocannabinol) et de cocaïne. Il a fait l'objet de quatre condamnations de droit commun, soumises à réhabilitation, dont la dernière remontait à 2012.

Un pistolet-mitrailleur Sten de 9 mm, plusieurs éléments d'armes et de munitions, un couteau, une bombe lacrymogène, une paire de menottes et un brassard de police ont été retrouvés dans son ​véhicule lors de son arrestation.

(Rédigé par Sophie Louet)