France: Le taux de chômage augmente à 8,1% au T1, au plus haut depuis 2021 information fournie par Reuters 13/05/2026 à 11:54
Le taux de chômage a augmenté au premier trimestre en France pour atteindre son plus haut niveau depuis le premier trimestre de 2021, selon les données publiées mercredi par l'Insee.
Le taux de chômage calculé selon les normes du Bureau international du travail (BIT) s'est établi à 8,1% de la population active (hors Mayotte) au premier trimestre après 7,9% au trimestre précédent, précise l'Insee dans un communiqué.
Les économistes interrogés par Reuters tablaient sur une baisse du taux de chômage d'un trimestre sur l'autre, à 7,8%.
Sur les trois premiers mois de l'année, le taux de chômage des 15-24 ans se replie de 0,4 point, à 21,1% mais il augmente de 0,4 point parmi les 25-49 ans, à 7,3% et est quasi stable pour les 50 ans et plus (+0,1 point, à 5,2%), détaille l'Insee.
Sur un an, le taux de chômage augmente pour toutes les tranches d'âge.
Fin mars, l'Insee avait abaissé sa prévision de croissance de l'économie française pour les premier et deuxième trimestres, à +0,2% contre +0,3% attendu précédemment.
Le produit intérieur brut (PIB) est finalement ressorti stable au premier trimestre, selon des données préliminaires publiées fin avril.
La hausse du taux de chômage en France "reflète ce ralentissement", a déclaré mercredi sur franceinfo le gouverneur de la Banque de France (BdF), François Villeroy de Galhau, qui quittera prochainement ses fonctions.
Dans sa dernière note de conjoncture mensuelle, publiée mardi, la BdF a renoncé à établir une prévision de croissance pour le deuxième trimestre, citant l'incertitude élevée entourant les effets de la guerre au Moyen-Orient sur l'activité économique.
"Dans le précédent ralentissement de l'économie française, après 2012, le taux de chômage était supérieur à 10%. Il ne faut pas oublier, là on est autour de 8", a toutefois rappelé François Villeroy de Galhau.
Le taux de chômage en France avait atteint à la mi-2015 un pic de 10,5%.
TAUX D'ACTIVITÉ AU PLUS HAUT
"Les chiffres du marché du travail ne sont clairement pas bons", souligne dans une note l'économiste Sylvain Bersinger, fondateur du cabinet Bersingéco, soulignant qu'avec la stabilité du PIB au premier trimestre, il ne fallait pas s'attendre à "des miracles du côté de l'emploi".
"Le nombre de jeunes ni en emploi ni en formation augmente, l'emploi en CDI recule légèrement et le taux de chômage de longue durée est en hausse", recense-t-il.
Les "rares" éléments positifs proviennent de la baisse du taux de chômage des 15-24 ans et de la hausse du taux d'emploi, "qui peut indiquer que la hausse du taux de chômage s'explique pour partie par des arrivées nouvelles sur le marché du travail", estime l'économiste.
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou évoque pour sa part une hausse "modérée" du taux de chômage "dans un contexte international dégradé, notamment marqué par des tensions commerciales".
Il met en avant le taux d'activité des 15-64 ans qui atteint 73,2%, le niveau le plus haut depuis que l'Insee a commencé à le mesurer en 1975.
"Jamais autant de personnes n’ont travaillé en France depuis 1975. Depuis 2019 c'est plus de 1,1 million de personnes en emploi supplémentaires et plus de 1,2 millions d'actifs supplémentaires", a commenté le ministre dans une déclaration adressée à Reuters.
(Rédigé par Etienne Breban et Blandine Hénault, avec la contribution de Nicolas Delame, édité par Benoit Van Overstraeten)