France: Le gouvernement veut faire adopter le "pass vaccinal" aussi vite que possible information fournie par Reuters 04/01/2022 à 10:22
PARIS (Reuters) - Le gouvernement souhaite toujours que le "pass vaccinal" entre en vigueur le plus rapidement possible malgré la suspension de séance inattendue dans la nuit à l'Assemblée nationale, a assuré mardi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.
"On va tout faire pour tenir au plus près le calendrier qui était prévu", a-t-il déclaré sur France Inter.
"Il faut que le pass vaccinal puisse entrer en vigueur aussi vite que possible", au vu de la situation "tendue dans les hôpitaux" en raison de la propagation rapide du variant Omicron du coronavirus responsable du COVID-19, a-t-il ajouté.
Les députés ont entamé lundi après-midi l'examen du projet de loi renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire du coronavirus en France, qui fait l'objet d'une procédure accélérée et dont l'une des principales dispositions est la transformation du pass sanitaire en un "pass vaccinal", qui était supposé entrer en vigueur le 15 janvier.
Les débats, tendus, ont été interrompus juste après minuit après qu'une majorité de députés se sont prononcés à main levée en faveur d'une suspension de la séance, les députés d'opposition se retrouvant alors plus nombreux que les élus de la majorité présidentielle dans l'hémicycle.
"On a vu hier soir une forme d'amicale de l'irresponsabilité se constituer" pour faire un coup de procédure, avec une "volonté manifeste d'obstruction" de la part des députés Rassemblement national (RN), La France insoumise (LFI), rejoints par des élus des Républicains (LR), a jugé Gabriel Attal.
"Les oppositions ont voulu faire un coup, elles ont fait un coup, manifestement elles ont réussi même si évidemment on ira au bout de l'examen de ce texte (...) et on essaiera d'être au plus près du calendrier qui était prévu", c'est-à-dire la mi-janvier, a assuré le porte-parole du gouvernement.
"CYNISME ABSOLU"
La conférence des présidents de l'Assemblée nationale doit se réunir dans la journée pour fixer le calendrier de la poursuite de l'examen de ce texte, qui devait initialement être soumis au Sénat mercredi après son approbation attendue à la chambre basse du Parlement.
Dénonçant "un coup politique d'un cynisme absolu", le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes Clément Beaune a indiqué que le gouvernement essaierait de "tout faire" pour ne pas prendre de retard sur le pass vaccinal.
"Le ministre des relations avec le Parlement, les parlementaires verront aujourd'hui le calendrier. On pourrait avoir une Assemblée nationale et un Parlement qui siègent ce week-end pour aller vite. Il faut aller vite", a-t-il dit mardi sur LCI.
"Notre objectif reste le 15 janvier", a assuré Clément Beaune.
De son côté, la vice-présidente de l’Assemblée nationale et député LR Annie Genevard, qui menait les débats au moment du vote sur la suspension de la séance, a rejeté les accusations d'irresponsabilité.
"Le problème est la sous-estimation par la majorité du temps qu'il fallait pour examiner ce texte. Je n'avais jamais vu un tel défaut d'appréciation", a-t-elle expliqué dans un entretien au Figaro https://www.lefigaro.fr/politique/passe-vaccinal-la-majorite-a-sous-estime-le-temps-qu-il-fallait-pour-examiner-le-projet-de-loi-20220104, rappelant que le projet de loi contient plus de 600 amendements.
Annie Genevard assure que l'examen du texte peut encore se faire dans les temps. "Si l'on parvient à retrouver du temps mardi et mercredi, le texte peut se retrouver au Sénat vendredi et la commission mixte paritaire peut se faire samedi car nous siégeons le week-end", indique-t-elle.
"C'est donc encore jouable."
(Rédigé par Myriam Rivet, Jean Terzian et Blandine Hénault, édité par Jean-Michel Bélot)