France: Reçus à Matignon, les syndicats lycéens appellent à continuer la mobilisation information fournie par Reuters 26/10/2026 à 19:00
Reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon lundi, les organisations lycéennes et étudiantes se sont félicitées des premières mesures annoncées par le gouvernement mais appellent à continuer la mobilisation.
"On peut voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. Tout n'est pas encore satisfait et nous irons au bout. Nous satisferons les revendications des lycéens et des lycéennes et nous appelons à la mobilisation le 5 novembre et le 31 octobre", a déclaré Louis Letoublon, vice-président de l'organisation Les Lycéens !, à la sortie de la réunion.
Une nouvelle journée d'action à l'appel des "Gilets jaunes" est prévue samedi, ainsi qu'une journée nationale de grèves et manifestations le 5 novembre dans les secteurs privé et public.
"On s'attend à ce que ce soit à nouveau compliqué, que ce soit de nouveau une grosse journée de mobilisation", a concédé sur BFMTV le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, à propos du 31 octobre, Emmanuel Macron parlant pour sa part de "samedi à risque".
Après plus d'un mois de contestation, le gouvernement a consenti plusieurs mesures pour calmer la grogne qui se cristallisait sur les conditions d'enseignement et l'abrogation de Parcoursup.
Les représentants des lycéens ont déclaré que l'exécutif prévoyait une refonte en deux temps, pour les sessions 2027 et 2028, de la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur.
"Sur Parcoursup, on s'en félicite, c'est déjà une première avancée. Maintenant, il y a nécessité, plus tard, de refondre plus en profondeur la plateforme après la session 2027 et la session 2028", a estimé Nathanaël Combary, président du conseil d'administration de Renouveau lycéen.
5 MILLIARDS D'EUROS PROMIS POUR LA RÉNOVATION DU BÂTI
Les représentants des lycéens ont dit avoir obtenu la promesse d'un plan à 5 milliards d'euros pour la rénovation du bâti scolaire et universitaire, dont 1 milliard d'euros pour les universités et 4 milliards d'euros pour les collèges et lycées par le biais d'un prêt de l'Etat aux régions.
L'exécutif s'est également engagé à annuler des suppressions de postes envisagées et le déblocage de 500 postes supplémentaires à la rentrée prochaine, ainsi que le plafonnement à 28 du nombre d'élèves par classe de seconde d'ici à la rentrée 2028.
Dans l'enseignement supérieur, le gouvernement a promis la création de 15.000 places - 10.000 en BTS, 4.000 en IUT et 1.000 pour les filières de santé -, selon les syndicats lycéens.
Les ministres de l'Education nationale, Edouard Geffray, et de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, devaient détailler les mesures arrêtées lors d'une conférence de presse.
Edouard Geffray s'est déjà engagé à la mobilisation de 3.000 enseignants remplaçants depuis le début du mouvement de contestation.
La marge de manoeuvre est étroite pour le gouvernement, qui tente de faire adopter un projet de loi de Finances pour 2027 au cadrage très contraint face à une dette publique représentant 119% du produit intérieur brut du pays (PIB).
Les mesures attendues pourraient pour certaines se concrétiser sous forme d'amendements au projet de budget en cours d'examen au Parlement.
Sébastien Lecornu souhaite également la tenue d'un débat à l'Assemblée nationale sur l'avenir de Parcoursup.
L'association France Universités, groupement de 117 établissements et 70 présidents d'universités, a mis en garde vendredi contre la suppression de ce système instauré en 2018, qui provoquerait selon eux "une catastrophe à court terme".
Ils soulignent dans un communiqué que la plateforme n'est en rien responsable du manque de places dans certaines filières de l'enseignement supérieur - telle la santé - et qu'il convient de ne "pas confondre l'outil et la politique délibérée de réduction des moyens" qui a "créé de fortes tensions pour l'entrée dans l'enseignement supérieur".
(Rédigé par Sophie Louet et Zhifan Liu, avec Bertrand Boucey et Claude Chendjou, édité par Jean-Stéphane Brosse)