Le déficit public français a
représenté l'an dernier 5,5% du produit intérieur brut (PIB),
contre 4,8% en 2022, tandis que la dette publique a reculé à
110,6% du PIB, après 111,9% l'année précédente, montrent les
données publiées mardi par l'Insee.
Le déficit, qui a progressé à 154,0 milliards d'euros contre
125,8 milliards en 2022, est supérieur aux prévisions du
gouvernement, qui l'attendait au départ à 4,9% du PIB, car les
rentrées fiscales ont été moins bonnes que prévu.
"La perte de recettes fiscales s'élève à 21 milliards
d'euros" en 2023, a expliqué mardi le ministre de l'Economie et
des Finances, Bruno Le Maire, sur RTL.
Réitérant son refus d'augmenter les impôts, Bruno Le
Maire a maintenu l'objectif de retour sur les 3% de déficit en
2027.
"On en tire les conséquences en termes d'économie sur
tout les dépenses, de l'Etat, la dépense sociale et les
collectivités locales", a jouté le ministre.
La dette publique s'est affichée à 3.101,2 milliards
d'euros, au delà du seuil symbolique de 3.000 milliards d'euros.
Les recettes publiques ont nettement ralenti en 2023,
relève l'Insee, progressant en valeur de 28,4 milliards d'euros
(+2% par rapport à 2022, après +7,4%). Elles ont atteint 51,9%
du PIB, contre 54,0% en 2022.
Dans le même temps, les dépenses publiques ont augmenté
de 3,7%, contre 4,0% en 2022, et reculé en pourcentage du PIB, à
57,3% contre 58,8% en 2022.
Dans le détail, le déficit de l'Etat a progressé l'an
dernier de 6,9 milliards d'euros (hors reprise de dette de SNCF
Réseau de 10 milliards d'euros).
Le solde des administrations de sécurité sociale a accru
son excédent, qui passe à 12,9 milliards d'euros en 2023 après
8,2 milliards en 2022. La fin des dépenses exceptionnelles liées
à la crise sanitaire contribue à cette bonne performance.
AGENCES DE NOTATION
Le contexte économique français se dégrade, alors que
les agences de notation doivent réviser prochainement la note
attribuée à la France.
Fitch et Moody's annonceront les résultats de leurs
évaluations le 26 avril, tandis que S&P Global Ratings se
prononcera le 31 mai.
Le gouvernement a prévenu que le déficit serait
supérieur aux 4,9% prévus initialement. Les services de Bercy
attendaient un déficit à 5,6% du PIB, a déclaré jeudi dernier
Jean-François Husson, rapporteur général du budget au Sénat.
Le gouvernement prévoit de ramener cette année le
déficit public à 4,4% du PIB. A cette fin, il a déjà annoncé le
mois dernier 10 milliards d'euros d'économies supplémentaires
afin de compenser un niveau de croissance inférieur aux
attentes.
(Rédigé par Corentin Chappron)