France-Le coût de la crise en Iran estimé à €6 mds, plan d'économies lancé
information fournie par Reuters 21/04/2026 à 12:58

(Actualisé avec annonces à la sortie de la réunion)

Le gouvernement français a annoncé mardi un plan d'économies de six milliards d'euros destiné à tenir l'objectif de réduction de déficit public en 2026 face au coût similaire engendré par la guerre au Moyen-Orient.

Environ quatre milliards d'euros de dépenses de l'Etat pourraient être gelées cette année, et deux milliards au titre des dépenses sociales, a annoncé le ministre chargé des Comptes publics David Amiel à l'issue d'un comité d'alerte des finances publiques réunissant ministres, parlementaires, élus locaux et partenaires sociaux concernés par les finances publiques.

"La guerre a un coût. Elle a un coût qui est aujourd'hui estimé à six milliards d'euros pour les finances publiques", a déclaré David Amiel à la presse.

"Notre devoir, c'est de prévoir tous les scénarios. Et comme aujourd'hui, nous avons des prévisions qui nous indiqueraient un coût pour les finances publiques de six milliards d'euros, nous devons prévoir d'ores et déjà un certain nombre de mesures à hauteur de six milliards d'euros", a-t-il ajouté.

Ainsi, "six milliards d'euros de dépenses pourraient être stoppées, quatre milliards d'euros pour l'Etat, deux milliards d'euros dans la sphère sociale", a indiqué le ministre.

"Je dis bien qui pourraient être stoppées car tout cela est encore recouvert de beaucoup d'incertitudes", a-t-il précisé, évoquant un "surgel" de certaines dépenses ou des "annulations ciblées".

"Evitons les mauvaises surprises", a renchéri le ministre de l'Economie et des Finances Roland Lescure présent à ses côtés. "On prend des mesures de précaution (...) et ensuite on pourra adapter au fur et à mesure de l'année en fonction de l'évolution de la situation."

Le gouvernement entend ainsi tenir son objectif de réduction du déficit public à 5% du produit intérieur brut (PIB) cette année malgré l'impact de la crise en Iran qui pèse sur l'activité économique et alimente les pressions inflationnistes en raison de la hausse des prix de l'énergie.

Plus tôt ce mois-ci, l'exécutif a abaissé à 0,9% sa prévision de croissance pour 2026, contre 1% attendu auparavant, et relevé sa prévision d'inflation à 1,9%, contre 1,3% anticipé précédemment.

D'après le gouvernement, la crise a engendré un renchérissement significatif du service de la dette, estimé à 3,6 milliards d'euros.

Les anticipations de hausse de l'inflation et d'un resserrement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) ont fait grimper les rendements obligataires souverains en Europe, qui déterminent les coûts d'emprunt des gouvernements.

Le rendement de l'OAT française à dix ans FR10YT=RR évoluait mardi à 3,60% contre 3,21% avant le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février.

"Dans la période actuelle, on ne peut fermer les yeux ni sur la guerre ni sur la dette", a déclaré David Amiel.

A cette hausse de la charge de la dette s'ajoutent le coût des opérations militaires - plus d'un milliard d'euros supplémentaires sont anticipés en matière de défense - et celui des aides d'urgence débloquées par l'Etat pour certains secteurs comme le transport ou la pêche.

Début avril, le gouvernement avait chiffré ces aides à 130 millions d'euros mais le montant devrait augmenter alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu doit dévoiler à 18h00 (16h00 GMT) un nouveau paquet d'aides ciblées pour le mois de mai.

"Pour les secteurs pêcheurs, agriculteurs, transporteurs routiers, clairement, il y aura sans doute besoin de poursuivre les aides sous une forme ou sous une autre et on s'interroge sur l'opportunité d'élargir ces aides à d'autres gros rouleurs", a indiqué Roland Lescure.

(Rédigé par Zhifan Liu et Blandine Hénault)