France-La dette publique grimpe à 119% du PIB au T2, dépasse le pic de la pandémie de COVID-19
information fournie par Reuters 29/09/2026 à 14:07

Usine Renault de Douai

La dette publique française s'établit ‌à 119,0% du produit intérieur brut (PIB) à la fin du deuxième trimestre, un ​chiffre qui dépasse les niveaux observés pendant la crise sanitaire liée au COVID-19, montrent les données publiées mardi par l'Insee.

Fin juin, la dette publique au sens ​de Maastricht a atteint 3.595,5 milliards d'euros, soit une augmentation de 59,6 milliards d'euros sur un ​trimestre, précise l'institut français de la statistique ⁠et des études économiques.

La dette publique française s'était établie à 117,5% ‌du PIB à la fin du premier trimestre.

La dette dépasse ainsi le sommet atteint au premier trimestre 2021 (117,8% du PIB), à ​un moment où la ‌France faisait face à la pandémie de COVID-19 avec des ⁠mesures de soutien visant à maintenir l'économie à flot.

Ce fardeau réduit la marge de manoeuvre budgétaire pour faire face à la crise des carburants déclenchée ⁠par la guerre ‌au Moyen-Orient et accentue le défi auquel est confronté le Premier ⁠ministre Sébastien Lecornu lors de la présentation de son projet de budget ‌2027, prévue ce jeudi.

L'approche de l'élection présidentielle de l'année prochaine ⁠complique en outre toute réforme budgétaire d'envergure.

Le ministère de l'Economie ⁠et des Finances ‌français avait dit plus tôt ce mois-ci que la dette publique de la ​France devrait atteindre 119,3% du PIB ‌cette année et pourrait grimper à 121,7% en 2027, un niveau jamais atteint depuis que l'Insee a ​commencé à recueillir ces données en 1978 et bien au-delà du seuil de 60% fixé par Bruxelles.

Les inquiétudes liées à la dette élevée ⁠de la France se reflètent surtout dans le "spread" ou écart de rendement entre l'obligations allemandes et françaises à 10 ans qui a dépassé ce mois-ci les 100 points de base (pdb), une première depuis 2012, et n'a cessé de se creuser depuis, s'établissant mardi à 114 pdb.

(Rédigé par Coralie Lamarque et Diana Mandiá, ​édité par Augustin Turpin)