France-La BdF abaisse sa prévision de croissance pour 2026 face à la flambée des prix de l'énergie information fournie par Reuters 16/06/2026 à 20:00
La Banque de France (BdF) a abaissé mardi sa prévision de croissance économique de la France pour cette année, invoquant un début d'année morose et une hausse des prix du pétrole plus forte qu'anticipé, montrent mardi les projections macroéconomiques actualisées de l'institution.
La deuxième économie de la zone euro devrait enregistrer une croissance de 0,5% cette année, ce qui représente une révision à la baisse par rapport à l'estimation de 0,9% publiée en mars.
"D'une part, le prix du pétrole a davantage augmenté que dans les hypothèses du scénario de base de mars. Mais surtout, l'activité s'est avérée moins résiliente qu'anticipé au premier trimestre 2026 et devrait rester relativement atone au deuxième trimestre, d'après les dernières enquêtes conjoncturelles", indique la BdF.
La croissance rebondirait ensuite à 0,9% en 2027, contre une estimation précédente à 0,8%, puis à 1,2% en 2028, soutenue par le redressement de la demande intérieure privée, en particulier la consommation des ménages et l'investissement des entreprises.
Cette projection repose sur les marchés à terme du pétrole au 21 mai et ne tient pas compte de l'annonce, il y a deux jours, d'un accord-cadre entre les États-Unis et l'Iran, précise la banque centrale.
Les perspectives d'évolution des prix à la consommation sont, pour leur part, revues à la hausse de 0,8 point, dans le sillage du prix du pétrole.
L'inflation IPCH, harmonisée selon les normes européennes, devrait quant à elle s'établir à 2,5% en 2026, tirée par les cours de l'énergie et ses effets indirects, notamment sur le transport aérien du fait du renchérissement du kérosène, ainsi que sur les prix alimentaires, en lien avec les hausses attendues des matières premières agricoles et des engrais.
Elle refluerait ensuite à 1,7% en 2027 et en 2028.
En mars, la banque centrale avait prévu une inflation de 1,7% en 2026, de 1,4% en 2027 et de 1,6% en 2028.
L'institution a également présenté des scénarios alternatifs moins favorables, qui laissent entrevoir une croissance plus faible et une inflation plus élevée que dans son scénario de base.
Dans sa note de conjoncture mensuelle, la banque centrale française estime par ailleurs que le PIB de la deuxième économie de la zone euro devrait marquer le pas au deuxième trimestre,
malgré une amélioration de l'activité en juin.
La BdF avait renoncé, le mois dernier, à fournir une prévision chiffrée de la croissance pour la période comprise entre avril et fin juin, invoquant la volatilité autour du conflit au Moyen-Orient.
L'incertitude ressentie par les entreprises poursuit toutefois son recul après la hausse observée lors du déclenchement du conflit, montre l'enquête réalisée entre le 27 mai et le 3 juin auprès d'environ 8.500.
(Rédigé par Diana Mandiá, avec Leigh Thomas, édité par Benoit Van Overstraeten)