France-L'objectif de déficit budgétaire de 5% du PIB "loin d'être garanti" - Cour des comptes
information fournie par Reuters 25/06/2026 à 12:13

La France croule sous le poids d'une dette publique en rapide augmentation, une tendance qui rend le pays vulnérable aux fluctuations du marché, estime la Cour des comptes dans un rapport publié jeudi, ajoutant que les risques allaient se multiplier cette année.

Dans son rapport annuel relatif aux finances et comptes publics, la Cour des comptes ajoute que l'objectif du gouvernement de ramener le déficit budgétaire à 5% du PIB cette année, soit deux points de pourcentage de plus que les règles européennes, est "loin d'être garanti", au vu des incertitudes géopolitiques et des tensions inflationnistes.

La dette devrait continuer de progresser de plus de 160 milliards d'euros en 2026 pour dépasser 3.600 milliards d'euros, soit environ 118,5% du PIB.

Dans le même temps, les coûts d'emprunt devraient accélérer la détérioration des comptes. Les paiements d'intérêts devraient s'élever à 77,4 milliards d'euros en 2026, notamment sous l'effet de la hausse des taux sur les nouvelles émissions de dette.

Carine Camby, auditrice principale du rapport, estime que l'endettement excessif pèse déjà sur les finances publiques et les choix politiques de la France.

"L'étouffement par la dette n'est pas un risque, c'est une réalité de nos finances publiques. Et donc c'est pour ça que ce rapport est un nouveau signal d'alarme", dit-elle.

"La Cour ne cessera de le répéter, la situation exige une prise de conscience et des réponses rapides (...). En fait, nous n'avons plus le choix", ajoute Carine Camby, présidente de la première chambre de la Cour des comptes.

Elle affirme que la France a encore le temps de choisir sur quoi les efforts doivent porter, ce qui permettra au pays de retrouver "rapidement" le chemin de la croissance.

Mais, en l'absence de tels choix, la France se retrouvera, selon Carine Camby, "à la merci des marchés" et "d'une forte hausse des taux d'intérêt et d'une augmentation insoutenable de la charge de la dette".

(Leigh Thomas, version française Benoit Van Overstraeten, édité par Sophie Louet)