France: L'Insee abaisse ses prévisions de croissance du 1er et 2e trimestre information fournie par Reuters 24/03/2026 à 17:09
L'économie française devrait rester sur un rythme de croissance modérée au premier semestre et ne devrait pas accélérer au printemps, l'inflation liée au conflit au Moyen-Orient étant susceptible de commencer à peser sur l'activité, montrent mardi les prévisions de l'Insee, qui a revu à la baisse ses perspectives.
La deuxième économie de la zone euro devrait croître de 0,2% au premier et au deuxième trimestres, un taux identique à celui du quatrième trimestre, indique l'Insee dans ses perspectives à court terme. Ce chiffre est en deçà des prévisions précédentes de l'agence qui tablait sur une croissance de 0,3%.
En raison de la persistance de la guerre au Moyen-Orient, qui perturbe les marchés mondiaux de l'énergie, l'inflation devrait dépasser les 2% dans les prochains mois, prédit l'Insee alors que la dynamique des prix en France, harmonisée selon les normes européennes (IPCH), était tombée à 1,1% en février sur un an.
La hausse de l'inflation en France devrait peser sur le pouvoir d'achat des ménages, même si les pressions sur les prix resteront inférieures à celles observées ailleurs en zone euro, car la croissance salariale dans l'Hexagone reste relativement modeste, fait savoir l'agence gouvernementale.
La consommation des ménages, traditionnellement le moteur de la croissance nationale, devrait ralentir en ce début d'année, la hausse des prix des carburants freinant les dépenses en biens énergétiques et les dépenses liées aux transports, note également l'Insee.
Selon l'agence, les achats de véhicules et de produits pétroliers devraient diminuer au premier trimestre, tandis que les dépenses dans les services devraient mieux résister avant de subir des pressions au printemps.
L'investissement des entreprises devrait rester globalement stable pour les premiers mois de l'année, les entreprises demeurant prudentes face à l'incertitude géopolitique et à la faiblesse de la demande, est-il également indiqué.
Le commerce extérieur, quant à lui, devrait peser sur la croissance au premier trimestre, les exportations étant attendues en forte baisse en raison d'un recul temporaire des livraisons d'avions et de navires.
D'après l'Insee, au deuxième trimestre, la croissance devrait rester stable, la hausse de l'inflation commençant à se faire sentir plus largement. La consommation des ménages devrait légèrement progresser avec la normalisation des dépenses énergétiques, mais les dépenses en biens non essentiels devraient ralentir.
Les investissements des entreprises ne devraient progresser que légèrement, tandis que les investissements publics devraient encore se contracter, ce qui rendra l'économie française dépendante d'une reprise des exportations pour compenser les difficultés internes, prévient l'Insee.
(Rédigé par Leigh Thomas; version française Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)