France-L'économie devrait continuer de croître en 2026 malgré les incertitudes-Villeroy
information fournie par Reuters 04/05/2026 à 11:12

(Actualisé avec lettre au président)

La France devrait conserver une croissance de son activité économique cette année en dépit des incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient, a déclaré lundi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

"Dans tous les scénarios que nous publions, on garderait quand même une croissance positive cette année", a-t-il déclaré sur BFMTV et RMC.

La progression du produit intérieur brut (PIB) pourrait fluctuer entre 0,3% et jusqu'à 0,9% selon les différents scénarios plus ou moins favorables, a-t-il précisé.

Le mois dernier, le gouvernement français a abaissé à 0,9% sa prévision de croissance pour 2026, s'alignant avec celle de la Banque de France et du Fonds monétaire international (FMI).

Selon des données publiées jeudi par l'Insee, l'économie française a connu un coup de frein inattendu au premier trimestre avec une stabilité du PIB alors que la Banque de France tablait sur une progression de 0,3% par rapport au trimestre précédent.

"Cette stagnation est largement due à une mauvaise surprise sur les exportations", observe François Villeroy de Galhau dans une lettre adressée au président Emmanuel Macron publiée lundi, dans laquelle il affirme que la France va éviter une récession économique pour les trois années de 2026 à 2028.

Dans cette lettre, le gouverneur de la Banque de France appelle le gouvernement à ne pas prendre de mesures de soutien budgétaire généralisées face à la hausse des prix du carburant en raison des contraintes pesant sur les finances publiques.

"Une France qui ne respecterait pas son objectif de déficit budgétaire 2026 inférieur ou égal à 5% du PIB, et ramené en 2029 à 3% du PIB, s’exposerait très clairement à un élargissement supplémentaire du spread de taux avec l’Allemagne", prévient-il.

"Cet écartement renchérit mécaniquement le coût de financement de l’ensemble de l’économie française".

Face à la hausse des prix à la pompe, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé une série de mesures ciblées sur certains secteurs d'activité et les ménages modestes "grands rouleurs", écartant pour l'heure toute baisse des taxes sur le carburant.

(Rédigé par Blandine Hénault avec Bertrand Boucey, édité par Augustin Turpin)