France-Journée de mobilisation générale sur les salaires, le secteur nucléaire fortement touché information fournie par Reuters 29/09/2022 à 12:50
PARIS (Reuters) - La CGT, la FSU, Solidaires et les syndicats étudiants Unef et Fidl ont entamé ce jeudi une vaste journée de mobilisation à travers la France pour réclamer des augmentations des salaires, entraînant de fortes perturbations dans le secteur énergétique et dans les écoles.
La grève était particulièrement suivie dans le secteur nucléaire où l'on a observé une baisse de la production d'énergie de 3,3 Gigawatts (GW) en matinée et de 610 Mégawatts (MW) pour l'hydroélectricité, ce qui représentait 8,5% de la production totale d'énergie jeudi matin, selon des données recueillies par Reuters. Près de cinq réacteurs ont été concernés par les débrayages.
Il s'agit, après la traditionnelle journée de manifestation du 1er-Mai, du premier test de la rue pour Emmanuel Macron depuis sa réélection en avril dernier.
Cette journée s'inscrit dans un climat social potentiellement éruptif en raison d'une forte inflation et de la volonté du gouvernement d'avancer rapidement sur la réforme des retraites, malgré une levée de boucliers générale des syndicats et un accueil mitigé de la part des fédérations patronales.
Les taux de participation à la grève chez les enseignants du premier et deuxième degré étaient de 11% environ, selon le ministère de l'Education nationale.
Le syndicat SNUipp-FSU s'attendait à une forte mobilisation, notamment dans la capitale, où près de 10% des écoles primaires devaient être fermées, faute de personnel.
Les annonces de revalorisations présentées dans le projet de loi budgétaire pour l'an prochain n'ont pas satisfait la profession, précise l'organisation. Le syndicat les juge insuffisantes et craint qu'elles ne concernent qu'une partie des enseignants.
Dans les transports, des perturbations de faible ampleur étaient observées sur le réseau francilien par les opérateurs.
Un train sur deux circulait sur le RER B, trois sur quatre pour le RER C. Le trafic était normal sur les RER A et E et dans le métro, à l'exception des lignes 6 et 9. Deux bus sur trois circulaient en moyenne.
Côté SNCF, six trains sur dix circulaient sur le réseau régional TER et un train sur deux sur le réseau Intercités. Le trafic était en revanche quasi normal ou légèrement perturbé pour les TGV et Ouigo.
La CGT Cheminots a estimé néanmoins qu'un cheminot sur trois participait à la grève ce jeudi, à l'appel des fédérations CGT, SUD-Rail et CFDT.
Le thème du salaire a déjà suscité de vives tensions dans les entreprises du privé et la fonction publique fin 2021 et début 2022, pendant la période des négociations annuelles.
"Pour nous c'est le début d'un mouvement. On fera en sorte qu'il y ait de la continuité", a dit jeudi matin sur France 2 le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, qui a assuré que la journée était "déjà un succès".
Des appels au débrayage ont également été lancés dans le secteur de la chimie et de la pharmacie, a déclaré la Fnic-CGT (Fédération nationale des industries chimiques-CGT) dans un communiqué.
Des grèves avaient commencé mercredi dans le secteur de la pétrochimie, qui ont conduit TotalEnergies à suspendre la production de sa raffinerie de Gonfreville, en Seine-Maritime.
(Rédigé par Caroline Pailliez, avec Tangi Salaün et Forrest Crellin, édité par Nicolas Delame et Kate Entringer)