France-"Déterminé" pour 2027, Philippe prône le rassemblement et appelle Retailleau à une clarification information fournie par Reuters 24/03/2026 à 21:33
L'ancien Premier ministre Edouard Philippe, candidat à l'élection présidentielle de 2027, a réaffirmé mardi son soutien à "un rassemblement de la droite et du centre" tout en appelant le président des Républicains (LR), Bruno Retailleau, à clarifier la ligne idéologique du parti.
L'ancien chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020) a été réélu dimanche maire du Havre, ville de Seine-Maritime qu'il administre depuis 2010, avec 47,71% des voix.
Président du parti Horizons, qu'il a créé en 2021, il avait conditionné le maintien de sa candidature à l'élection présidentielle à sa victoire aux élections municipales. Il avait annoncé dès septembre 2024 qu'il briguait l'Elysée.
"C'est un fait que je me prépare pour cette élection présidentielle" avec "détermination" et "humilité", a confirmé Edouard Philippe au Journal de 20 heures de France 2. "Le moment venu, j'entrerai dans la campagne présidentielle", a-t-il ajouté, sans préciser de calendrier.
Un premier meeting est évoqué le 12 avril.
"Je suis très calme, j'essaye de ne pas parler à tort et à travers", a-t-il souligné, promettant "une transformation massive" du pays. Avant de poursuivre : "Je suis partisan du rassemblement de la droite du centre mais je ne suis pas prisonnier des partis politiques."
"Je ne distingue pas entre les Français selon leurs appartenances politiques. (...) Ce qui compte ce ne sont pas les appareils, c'est le fond", a insisté Edouard Philippe.
A ce titre, le maire du Havre s'est interrogé sur la position de Bruno Retailleau, lui-même candidat à l'Elysée, à propos de la situation à Nice (Alpes-Maritimes) dans l'entre-deux-tours des municipales. Le président de LR avait renvoyé dos à dos le maire sortant Christian Estrosi (Horizons, Renaissance) et Eric Ciotti, patron de l'Union des droites (UDR) soutenu par le Rassemblement national (RN), qui l'a largement emporté.
"SITUATION TERRIFIANTE"
Plusieurs responsables de droite lui ont reproché son "ambiguïté".
"Il a paru réintroduire un doute sur la ligne tactique, idéologique et politique des Républicains. Elle a été corrigée par le président (du Sénat Gérard) Larcher et par d'autres, j'espère qu'elle ne bougera plus", a prévenu Edouard Philippe.
Réitérant son opposition à une primaire - option notamment défendue par le chef de file des députés LR, Laurent Wauquiez, "d'Edouard Philippe à Sarah Knafo (Reconquête)" -, il a estimé que les prétendants en lice pour l'Elysée à droite et au centre sauraient s'entendre pour ne pas obérer leurs chances face aux extrêmes.
"On sera capables de discuter (...) le moment venu pour que nous puissions faire prévaloir un bloc républicain qui croit à l'Europe, qui croit à l'économie de marché", a dit l'ancien chef du gouvernement.
"Ceux qui prospéreront seront ceux qui répondront aux questions des Français. Je ne jouerai jamais avec l'avenir de mon pays, ne comptez pas sur moi pour entrer dans une logique qui placerait les Français dans la situation terrifiante d'avoir à choisir entre M. Mélenchon et Mme Le Pen ou M. Bardella".
Le président de Renaissance Gabriel Attal, qui n'exclut pas - comme le ministre de la Justice Gérald Darmanin - un rassemblement jusqu'à la gauche républicaine, a proposé mardi sur France Inter la constitution d'un comité de liaison pour 2027 entre Renaissance, le MoDem et Horizons afin d'"anticiper le rassemblement" et "empêcher un second tour mortifère entre le Rassemblement national et La France insoumise".
Selon un sondage Ifop réalisé en ligne lundi pour LCI, Edouard Philippe, 55 ans, figure, avec les dirigeants RN Marine Le Pen et Jordan Bardella, au nombre des personnalités considérées comme de "bons candidats" pour l'élection présidentielle.
Près d'un Français sur deux (46%) juge qu'il serait un bon candidat, devant Jordan Bardella, président du RN (45%), et la cheffe de file des députés RN Marine Le Pen (42%).
(Rédigé par Sophie Louet, édité par Jean Terzian)