France-Condamnée pour apologie du terrorisme, une étudiante iranienne ne retournera pas en prison
information fournie par Reuters 26/02/2026 à 14:44

La justice française a condamné jeudi une ressortissante iranienne à un an de prison ferme pour apologie du terrorisme, mais dispensé celle-ci de retourner en prison, a dit à Reuters son avocat, ce qui pourrait ouvrir la voie au retour en France de Cécile Kohler et Jacques Paris, retenus en Iran depuis presque quatre ans.

Étudiante à Lyon, Mahdieh Esfandiari, 39 ans, avait été arrêtée l'an dernier et accusé d'avoir posté sur les réseaux sociaux des messages hostiles à Israël et faisant l'apologie des attaques du 7 octobre 2023 menées par le Hamas.

Elle avait bénéficié d'une libération conditionnelle fin octobre, ce qui a permis à Cécile Kohler et Jacques Paris, deux Français détenus en Iran depuis mai 2022, de bénéficier d'une mesure similaire.

Le couple réside depuis à l'ambassade de France à Téhéran, dans l'attente de ce qui a été présenté par les autorités iraniennes comme un échange de prisonniers.

Le tribunal correctionnel de Paris a suivi les réquisitions du parquet en condamnant Mahdieh Esfandiari à quatre ans de prison, dont trois assortis d'un sursis simple. Son avocat, Nabil Boudi, a précisé à Reuters que le tribunal avait en outre statué que l'Iranienne n'aurait pas à retourner derrière les barreaux, après avoir déjà effectué huit mois de détention provisoire.

Mahdieh Esfandiari a néanmoins décidé de faire appel de sa condamnation, a annoncé son avocat.

"La défense se pose des questions (...) Y a-t-il des considérations politiques ?", s'est interrogé Nabil Boudi. "On nous parle depuis le début de l'échange qui devrait avoir lieu entre Mme Esfandiari et des citoyens français (...) Si le tribunal a rendu une peine aussi sévère pour des considérations diplomatiques, alors le tribunal a commis une faute."

Pour pouvoir rentrer en France, Cécile Kohler et Jacques Paris devaient attendre la fin du procès de Mahdieh Esfandiari. On ne sait pas encore si la tenue d'un procès en appel est susceptible de retarder leur retour.

Des sources diplomatiques ont par ailleurs dit craindre que l'échange ne soit ralenti par la répression en Iran après les manifestations antigouvernementales en début d'année.

(Juliette Jabkhiro et John Irish, rédigé par Tangi Salaün, édité par Blandine Hénault)