France/Canicule-Le maire de Paris évoque une mortalité en hausse, les écoles s'adaptent information fournie par Reuters 25/06/2026 à 15:51
(Actualisé avec écoles, lycéen, syndicats)
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a évoqué jeudi une "situation (...) assez critique" dans la capitale en raison de la canicule qui étouffe la France et une bonne partie de l'Europe occidentale depuis une semaine, ajoutant, sans donner de chiffres, que la "mortalité est en hausse".
"On a à peu près tous les indicateurs qui sont dans la situation difficile. C'est à la fois les recours au Samu, les recours aux pompiers, les admissions aux urgences, évidemment les décès", a-t-il déclaré sur TF1.
Un nombre record de 72 départements - dont tous ceux d'Ile-de-France - sont actuellement placés par Météo France en vigilance canicule rouge, la plus élevée possible, seul un quart sud-est du pays échappant à cette classification.
Dans son dernier bulletin, le prévisionniste anticipe pour ce jeudi "encore une journée suffocante" et annonce que 11 départements de la façade atlantique vont rebasculer en vigilance orange à partir de 22h00 (20h00) GMT, à la faveur d'une dégradation orageuse susceptible d'être accompagnée de grêles et de fortes rafales.
Avec une moyenne de 30°C, mercredi a été la deuxième journée consécutive la plus chaude jamais enregistrée en France depuis le début des relevés météorologiques en 1947.
S'exprimant sur France Inter, Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France, a estimé que la situation dans les Ehpad était "plutôt difficile".
Emmanuel Grégoire a ajouté que, au-delà des personnes âgées, très surveillées après la forte mortalité constatée en 2003, les personnes confrontées à risque sont les 50-70 ans qui "continuent à vaquer à leurs occupations comme d'habitude".
Du côté des établissements scolaires, l'Education nationale a fait état de 3.500 écoles fermées et de 10.000 bénéficiant d'aménagements.
Invité sur France 2, le ministre Edouard Geffray a dit ne pas être favorable à ce stade à un seuil établi uniquement d'après la température pour décider de la fermeture des écoles.
DES SYNDICATS D'ENSEIGNANTS APPELLENT À LA GRÈVE
La ministre a maintenu les épreuves du Brevet vendredi, tandis que celles du Baccalauréat se sont poursuivies dans un contexte perturbé par la chaleur.
Evan Cauvin, lycéen de 17 ans résidant à Sainte-Suzanne (Manche), a passé les oraux du Bac cette semaine.
"J'ai prévu une bouteille d'eau et il y avait des ventilateurs dans la salle de préparation", a-t-il raconté à Reuters. "En amont des examens, le proviseur a écrit à nos parents pour les avertir que les épreuves se dérouleraient en période de forte chaleur. Au final, ça s'est bien passé".
Dans un communiqué commun, la FSU, le SE-Unsa, la FNEC FP FO, la CFDT, la CGT, le Snalc et SUD appellent les enseignants "à user de leur droit de grève là où cela est nécessaire" face à des "conditions de travail inacceptables".
"Tout se fait dans le bricolage, une grande confusion", regrette Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, syndicat des collèges et des lycées.
"Il y a des professeurs à qui le chef d'établissement demande de scotcher des couvertures de survie sur les fenêtres. Des enseignants qui apportent leurs propres ventilateurs, des brumisateurs, des tournevis pour ouvrir des fenêtres bloquées", a-t-elle dit à Reuters.
Elle réclame la mise au point de calendriers d'examens différenciés pour les périodes de canicule et hors canicule.
La climatisation généralisée, notamment préconisée par le Rassemblement national s'il accède au pouvoir l'an prochain, "ne peut pas être l'alpha et l'oméga de l'adaptation du bâti scolaire", estime encore Sophie Vénétitay.
Thierry Pajot, président du Syndicat des directeurs et directrices d'écoles est partisan de la fermeture des établissements dans les zones classées "rouge".
"Je n'ai pas envie que l'on apprenne qu'un élève ou un membre du personnel est mort en raison de la canicule", a-t-il dit sur Franceinfo.
Selon Météo France, la canicule actuelle est d'une intensité similaire à celle d'août 2003, qui avait causé la mort de près de 15.000 personnes en France.
(Rédigé par Elizabeth Pineau, Dominique Vidalon et Benoit Van Overstraeten)