Fragilisée en interne, Marine Tondelier veut mettre "du fond" dans la campagne pour 2027
information fournie par AFP 21/04/2026 à 18:35

Marine Tondelier le 11 avril 2026 à Paris ( AFP / Ian LANGSDON )

En difficulté après les mauvais résultats aux municipales et critiquée en interne sur sa stratégie, la patronne des Ecologistes Marine Tondelier, qui défend toujours la primaire de la gauche, veut reprendre la main et parler du "fond" en mettant en avant ses propositions programmatiques pour 2027.

Candidate à la primaire de la gauche et des écologistes, Marine Tondelier veut "remettre du fond dans la campagne", a-t-elle expliqué mardi lors d'une conférence de presse.

Ses détracteurs lui reprochent souvent de ne se concentrer que sur cette primaire, qui ne fait pas l'unanimité à gauche.

Refusée par le dirigeant de Place publique, Raphaël Glucksmann et le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, elle est aussi critiquée par une partie du PS, dont le chef des députés Boris Vallaud, et même par l'ex-candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot.

Marine Tondelier défend toujours ce processus mais insiste sur le fond: elle a proposé vendredi, dans un courrier aux autres partis de gauche sauf LFI, de créer un "socle" programmatique "partagé" dans la perspective de la présidentielle, en identifiant 21 "priorités" sur lesquelles ils peuvent travailler ensemble.

Mais plus question de discuter avec les Insoumis. "Là où est partie LFI, on ne peut pas les suivre", dit-elle, évoquant les sorties polémiques de Jean-Luc Mélenchon sur la prononciation de patronymes juifs mais aussi ses positions sur la Chine, qu'il loue comme un "pôle de stabilité".

Elle propose notamment l'augmentation du Smic, la hausse du salaire des enseignants de 15% sur le quinquennat, la restauration de la police de proximité ou encore la régularisation des travailleurs sans-papiers.

Elle avait déjà lancé fin décembre une plateforme de 500 propositions pour la présidentielle, qui a reçu 8.500 contributions, se réjouit-elle.

"On va revendiquer de faire une campagne en portant des idées positives et joyeuses, il faut donner envie aux gens", a insisté celle qui a annoncé fin mars sa grossesse.

- "Ambiguïté" -

Prônant notamment "la prospérité écologique", elle entend défendre les thèmes de la solitude, de l'enfance, de la sécurité sociale écologiste et des "territoires oubliés de l'écologie".

Mais en interne, elle a été mise en difficulté dimanche lors d'un conseil fédéral extraordinaire, réclamé par ses opposants, qui jugent que les élections municipales ont été "une défaite" pour Les Écologistes, parti qui a "connu le plus grand nombre de communes perdues" par rapport à 2020.

Pour l'ex-eurodéputée Karima Delli, la priorité aurait dû être donnée à défendre le bilan des maires écolos mais "on a préféré parler de primaire et de présidentielle", a-t-elle expliqué à l'AFP. Et elle déplore qu'en pleine crise de la "société du pétrole", les Ecologistes ne se fassent pas plus entendre.

"Le discours du trait d'union et d'une primaire avec tout le monde était une impasse", considère également le député Jérémie Iordanoff. Pour que l'écologie politique pèse, il faut "arrêter de parler désignation" et mettre des idées sur la place publique, dit-il.

Mais la députée Sandrine Rousseau, autre opposante interne, regrette elle que Les Ecologistes aient choisi, en privilégiant l'alliance avec le PS plutôt qu'avec LFI, "la stratégie de la grenouille" qui, plongée dans une casserole d’eau froide qu’on chauffe lentement, finit par mourir ébouillantée sans avoir tenté de s'échapper.

"Ca conduit à la mort de l'écologie politique qui devient un courant du PS", a-t-elle argumenté auprès de l'AFP. "On a renforcé notre affaiblissement politique".

"C'est tout le problème de l'ambiguïté dans laquelle Marine Tondelier s'est mise", analyse un écologiste. "Il fallait choisir et elle l'a fait trop tard, les gens ne lui font plus confiance".

"Elle était devenue une vedette par son discours sur l'union, mais désormais, elle dit +sans LFI+. Elle va perdre une partie de sa +fame+ (notoriété)" mais aussi des soutiens en interne, ajoute la même source, qui prédit "des départs de militants vers LFI".

Lundi, des déçus des Ecologistes, partisans d'un rapprochement avec les Insoumis, et qui ont démissionné du parti ou ont été exclus, ont lancé leur mouvement, les Verts populaires, appelant les militants écologistes "qui doutent" à les rejoindre.