"Foutre au feu" la dette : "C'est la crise financière assurée", promet Roland Lescure information fournie par Boursorama avec Media Services 24/08/2026 à 10:46
"Le mur de la dette n'existe pas. C'est un argument idéologique", a estimé le banquier de gauche Matthieu Pigasse en soutien à Jean-Luc Mélenchon.
"Foutre au feu" ou au "congélateur" une partie de la dette française , comme l'exige Jean-Luc Mélenchon ? "C'est se moquer du monde, c'est prendre les Français pour des lanternes, c'est mettre en danger la signature de la France", a déploré le ministre de l'Économie, Roland Lescure, promettant sur BFMTV / RMC une "crise financière" si cette mesure, qui figurait déjà au programme de l'Insoumis en 2022 était mise en œuvre.
Partant du constat que 18% de la dette française est détenue par la Banque de France , Jean-Luc Mélenchon affirme qu'il "suffit d'y aller, de les prendre et de les foutre au feu" et que "personne ne s'apercevra jamais que ça a disparu". Dimanche, le candidat de la gauche radicale à l'élection présidentielle de 2027 a également demandé à ce que la Banque centrale européenne "mette au congélateur les dettes des États en commençant par celles de la période Covid".
Une idée à laquelle a souscrit le banquier d'affaires et homme de gauche revendiqué Matthieu Pigasse, invité des universités d'été de La France insoumise (LFI). "Le mur de la dette n'existe pas. C'est un argument idéologique imposé pour nous dire qu'on ne peut rien faire (...) La France emprunte chaque semaine sans aucun problème", a développé celui qui a déjà restructuré les dettes grecque, ukrainienne ou argentine.
"D'abord, c'est illégal"
"La réalité, c'est que Jean-Luc Mélenchon, s'il fait ce qu'il dit, avec Monsieur Pigasse à ma place, c'est la crise financière assurée", a conspué le ministre de l'Économie Roland Lescure sur BFMTV / RMC .
"Bon, d'abord je sais qu'il s'en moque mais c'est illégal, non conforme aux traités européens", a étayé Roland Lescure, ajoutant que cela reviendrait "de fait" à sortir de l'euro, "puisque vous dites 'je ne respecte plus les règles de la maison commune'".
Le risque, pour le ministre de l'Économie, est également de faire grimper les taux d'intérêt : "Les créanciers, qui nous prêtent, qui disent 'ah bah l'État français vient de dire merde à 20 % de sa dette. Ils vont dire quoi ? Moi je vous prête plus à quatre, je vous prête à quatre et demi, je vous prête à cinq'".
Lundi, le taux d'intérêt de la France à 10 ans était à 4,11%, après avoir dépassé jeudi 4,14%, au plus depuis 2008.