Forêt de Fontainebleau: les pompiers cherchent à contenir les reprises de feu, une nouvelle garde à vue
information fournie par AFP 15/07/2026 à 15:31

Un pompier lutte contre un incendie dans la forêt de Fontainebleau, à Noisy-sur-Ecole, en Seine-et-Marne, le 14 juillet 2026 ( AFP / Dimitar DILKOFF )

Un homme suspecté d'avoir voulu provoquer un incendie a été interpellé mardi soir sur un parking près de la forêt de Fontainebleau et placé en garde à vue, tandis que quelque 800 pompiers tentaient toujours de circonscrire les reprises de feu mercredi matin dans le massif.

L'homme de 46 ans est soupçonné d'avoir forcé le ruban pour se stationner sur ce parking interdit au public et de nombreux journaux froissés et un briquet ont été retrouvés dans son véhicule, a-t-on appris de source policière.

La procureure de Fontainebleau a indiqué mardi soir lors d'un point presse que quatre personnes restaient en garde à vue dans l'enquête sur les incendies qui ont parcouru près de 2.000 hectares - selon un dernier bilan - en deux jours dans la forêt de Fontainebleau.

Parmi celles-ci, deux hommes interpellés lundi ont reconnu les faits: un pompier volontaire à Fontainebleau qui a avoué avoir "mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence", et un autre homme qui a admis "avoir accidentellement mis le feu en jetant sa cigarette" sur un autre lieu de départ de feu, selon la procureure, Diane Ngomsik.

Les deux hommes, nés en 2007 et sans antécédent judiciaire, sont suspectés de départs de feux distincts lundi, à Arbonne-la-Forêt pour le premier, et dans le secteur de la Faisanderie près de la ville de Fontainebleau pour le second.

"L'un d'entre nous"

Le sapeur-pompier volontaire a été "suspendu", a indiqué dans un communiqué le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne, qui a exprimé "sa plus vive consternation".

Un incendie dans la forêt de Fontainebleau, le 14 juillet 2026 à Noisy-sur-Ecole, en Seine-et-Marne ( AFP / Dimitar DILKOFF )

Selon Paul-Edouard Laurain, porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne, "les pompiers sont pudiques" sur ce sujet: "il y a un sentiment de rejet et un peu de honte que ce soit l'un d'entre nous", qui était dans les rangs "depuis moins d'un an", a-t-il déclaré à l'AFP.

Deux autres personnes ont quant à elles été placées en garde à vue mardi matin pour l'incendie qui a démarré dimanche autour de l'A6, occasionnant la fermeture d'un tronçon de l'autoroute et qui a ravagé environ 1.500 hectares.

La réouverture de l'A6 "devrait être échelonnée dans les prochaines heures", a indiqué la préfecture de Seine-et-Marne.

Concernant ce sinistre, "l'hypothèse d'un départ de feu susceptible d'être lié à des travaux réalisés à proximité immédiate de l'autoroute A6 fait l'objet de vérifications approfondies", avait souligné la procureure dans un communiqué mardi, rappelant que le parquet explore "toutes les hypothèses, tant accidentelle que volontaire".

Carte montrant l'incendie qui a débuté dimanche 12 juillet 2026 dans la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne) et sa proximité avec Paris ( AFP / Olivia BUGAULT )

Mercredi matin, plusieurs gendarmes du département spécialisés en recherche criminelle étaient présents pour collecter des preuves, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les habitants de la commune du Vaudoué, partiellement évacuée dimanche, ont pu regagner leurs maisons après l'annonce mardi soir par le préfet de Seine-et-Marne que les feux étaient "fixés" même si pas totalement "éteints".

Feu zombie

Quelques 800 pompiers restaient à pied d'oeuvre pour éviter les reprises de feu.

Un Canadair CL-415 de la Sécurité civile effectue des manœuvres d'écopage au-dessus de la Seine à Chartrettes, pour lutter contre un incendie dans la forêt de Fontainebleau, le 13 juillet 2026 en Seine-et-Marne ( AFP / Thomas SAMSON )

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre.

En raison du sol tourbeux de la forêt, les pompiers vont devoir être mobilisés encore un moment afin d'éviter les feux zombies.

"Un feu de tourbe peut se propager (dans le sol) pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines et ressurgir parfois à plus d'une centaine de mètres du feu initial", a alerté mardi le préfet Pierre Ory.

Au sud du pays, des incendies en Haute-Corse ont parcouru ces trois derniers jours quelque 150 hectares, nécessitant la fermeture d'une portion du GR30 et l'évacuation d'une vingtaine de randonneurs.