Football/Coupe du monde-La France sur ses gardes face à un Paraguay revanchard information fournie par Reuters 02/07/2026 à 22:14
par Julien Pretot
Si l'équipe de France se présente en huitièmes de finale de la Coupe du monde avec l'étiquette d'attaque la plus redoutée, en plus d'être invaincue, Didier Deschamps et Kylian Mbappé ont prévenu de la nécessité de garder les pieds sur terre avant d'affronter le Paraguay samedi à Philadelphie (21h00 GMT).
Les Bleus ont remporté leurs quatre matches dans le tournoi, avec 13 buts inscrits et seulement deux encaissés, dans le sillage d'une attaque portée par le capitaine Kylian Mbappé (6 buts), Ousmane Dembélé (4) et Michael Olise (5 passes décisives, meilleur passeur actuel du tournoi).
Avec Bradley Barcola (2 buts) ou Désiré Doué (1 but) pour compléter le quatuor offensif, Rayan Cherki et Jean-Philippe Mateta sur le banc comme options supplémentaires, Didier Deschamps dispose de solutions que la plupart des autres équipes peuvent seulement envier.
Mais les louanges entourant la France, meilleure attaque du tournoi et finaliste de la précédente édition, ne pèseront pas lourd sans efforts effectués sur le terrain, ont souligné le sélectionneur et le capitaine en amont du duel face au Paraguay.
"Je suis conscient de ce que joue, d'où je suis et de ce que je dois faire", a déclaré Kylian Mbappé après son doublé mardi contre la Suède (3-0) en seizièmes de finale. "Mais pas seulement moi, toute l'équipe est consciente de ce qu'elle doit faire. C'est une nouvelle compétition qui commence".
La dernière rencontre en tournoi entre les Tricolores et les Sud-Américains remonte au huitième de finale du Mondial 1998, en France, un match remporté par les Bleus (1-0) grâce à un but en or de Laurent Blanc, dont le capitaine était alors Didier Deschamps.
L'ancien milieu de terrain a prévenu que la qualification du Paraguay aux dépens de l'Allemagne, lundi en seizièmes de finale à l'issue de la séance de tirs au but (1-1, 4 tab à 3), n'avait rien d'un accident.
"J'ai observé le Paraguay : ce qu'il a réalisé n'est pas le fruit du hasard", a déclaré Didier Deschamps devant les journalistes. "C'est une équipe sud-américaine typique, solide dans les duels et très tenace, qui possède en outre des joueurs de grande qualité. Aucune formation n'atteint les huitièmes de finale de la Coupe du monde par hasard."
GESTION
Après avoir réussi son pari contre l'Allemagne, en démontrant une volonté sans faille en défense, le Paraguay se présentera face aux Bleus avec un plan en tête et, donc, un vieux compte à régler: effacer le souvenir de ce but en or français à la 114e minute, si près de la séance de tirs au but espérée par le gardien José Luis Chilavert et ses coéquipiers.
L'ancien attaquant Miguel Angel Benitez, membre de l'équipe paraguayenne battue à Lens par la France en 1998, a déclaré qu'il était nécessaire que les Sud-Américains soient samedi combatifs et constamment attentifs, citant la capacité des Bleus à punir un manque de concentration de dix secondes à peine.
La chaleur attendue samedi après-midi à Philadelphie pourrait peser sur une rencontre durant laquelle la France devrait avoir une large possession de balle face à un Paraguay regroupé en défense, pour vraisemblablement gérer ses efforts et attendre des occasions de contre-attaque.
Dans ce contexte, la concentration, la gestion du match et le recours aux remplaçants devraient être encore plus cruciaux.
Rayan Cherki pourrait ainsi être l'un des jokers de l'équipe de France en fin de match. Limité à 55 minutes de jeu en quatre rencontres en raison des prestations de Mbappé, Dembélé et Olise, le milieu offensif de Manchester City pourrait apporter sa créativité et sa faculté à trouver des espaces si les Bleus venaient effectivement à se heurter à un mur paraguayen.
L'enjeu de samedi est d'accéder aux quarts de finale du tournoi, face au vainqueur du match Canada-Maroc, un stade de la compétition que le Paraguay avait atteint lors de sa précédente participation, en 2010.
Mais il est aussi, pour l'équipe sud-américaine, l'occasion de refermer une blessure ancienne, tandis que les Bleus ont l'opportunité de confirmer qu'ils ont bien l'étoffe des géants que nombre d'observateurs leur prêtent.
(Reportage de Julien Pretot; version française Olivier Cherfan et Jean Terzian)