Football/Coupe du monde: La France plombée par "trop d'approximations techniques" face à l'Espagne
information fournie par Reuters 15/07/2026 à 00:51

Le milieu offensif français Michael Olise lors de la demi-finale de Coupe du monde contre l'Espagne.

Brillante depuis le début de la Coupe du monde, l'attaque de ‌l'équipe de France a été réduite au silence par l'Espagne (0-2), mardi à Dallas en demi-finales, incapable de trouver la faille face à la meilleure défense ​du tournoi - la faute à "trop d'approximations techniques", a dit Kylian Mbappé.

Le secteur offensif des Bleus a été leur atout principal dans la quête d'une troisième finale mondiale consécutive, avec 16 buts en six matches et une menace protéiforme symbolisée par Kylian Mbappé (8 buts, co-meilleur buteur du tournoi avec l'Argentin ​Lionel Messi), Ousmane Dembélé (5 buts) et les passes décisives de Michael Olise (5, meilleur passeur du tournoi).

Didier Deschamps, qui avait prévenu avant le match qu'il y aurait face aux Espagnols un "rapport de forces" ​pour le contrôle du ballon, a déploré des "erreurs techniques" de la part ⁠de l'équipe de France.

"On a été un peu en-dessous et moins dangereux offensivement qu'on aurait pu l'être, avec quelques erreurs techniques, des ‌passes qui auraient pu amener des situations, des occasions", a déclaré le sélectionneur tricolore sur M6.

Meilleure défense de la Coupe du monde, avec un seul but encaissé (face à la Belgique, 2-1, en quarts de finale), l'Espagne a su ​museler les individualités françaises.

Michael Olise et Ousmane Dembélé ont ‌par exemple eu beaucoup de mal à combiner, et Kylian Mbappé, plutôt en jambes, a parfois ⁠semblé seul à tenter de sortir son équipe de l'ornière.

"Il y a eu trop d'approximations techniques", a déclaré le capitaine français sur M6. "Sur des récupérations hautes, techniquement, les premières passes, les premières touches n'étaient pas dignes d'une demi-finale de Coupe du monde".

"BATTUS PAR NOUS-MÊMES"

Au bout du compte, selon Didier ⁠Deschamps, les Bleus n'ont pas ‌réussi à "créer plus de problèmes" à l'Espagne, qui les avait déjà battus il y a deux ans en demi-finales ⁠du Championnat d'Europe (2-1) avant de remporter le titre continental.

"L'adversaire nous en a empêchés, parce qu'on avait moins de justesse technique, peut-être moins de jus ‌aussi", a poursuivi le sélectionneur. "On n'a pas pu, comme on l'aurait voulu, leur créer plus de problèmes offensifs."

Les entrées en seconde ⁠période de Désiré Doué, à la place de Bradley Barcola (57e), et de Rayan Cherki, pour suppléer ⁠Michael Olise (72e), ont été intéressantes, mais ‌sûrement mues par l'énergie du désespoir.

"Je ne pense pas que ce soit dû à l'adversaire", a estimé Rayan Cherki sur BeIN Sports. "Ils ne mettaient ​pas une pression folle non plus, il y avait parfois le temps de ‌jouer, de construire les choses. Peut-être qu'on a mal géré nos émotions."

"C'est super dur parce qu'on avait tout pour aller au bout", a-t-il dit par ailleurs au micro de ​M6. "Pour être franc, toutes les équipes avaient peur de nous et aujourd'hui, la seule équipe qui nous a battus, c'est nous-mêmes".

Les Bleus avaient marqué au moins un but lors de leurs 19 matchs précédents, toutes compétitions confondues. Il fallait remonter au 20 mars 2025, contre la ⁠Croatie en Ligue des nations (0-2), pour trouver trace d'une attaque française muette.

"On aurait dû mieux faire sur certaines phases", a analysé sur M6 le défenseur central Maxence Lacroix, qui a remplacé William Saliba, blessé, avant la demi-heure de jeu. "Avec le ballon, on aurait dû mieux faire, on a loupé le dernier geste".

Les Bleus auront une chance de rebondir, samedi à Miami (21h00 GMT), lors du match pour la troisième place, face au vaincu de la seconde demi-finale qui oppose mercredi l'Angleterre et l'Argentine. L'occasion, aussi, d'offrir un podium à Didier Deschamps pour son ultime match sur le ​banc.

(Rédigé par Vincent Daheron, édité par Jean Terzian)