Flambée des carburants : la grogne monte chez les transporteurs routiers qui menacent de se mobiliser
information fournie par Boursorama avec Media Services 02/10/2026 à 11:21

Versement des aides, baisse des taxes, indexation des tarifs... Les transporteurs routiers multiplient les revendications.

( AFP / RAYMOND ROIG )

Alors que les prix du carburants continuent de monter, sans perspective de détente prochaine et alors qu'ils attendent depuis plusieurs mois le versement d'aides, le secteur du transport routier a exigé jeudi 1er octobre plus de soutien de l'État. À défaut, ce sera la mobilisation sociale.

L'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) et la Fédération des autocaristes indépendants (FAI) ont appelé, jeudi, leurs adhérents à se mobiliser le 21 octobre et les jours suivants à Paris. "C'est un choix assumé parce que nos demandes portent sur le pouvoir politique et qu'il est à Paris", a expliqué à l'AFP le directeur délégué général de l'OTRE, Jean-Marc Rivera.

La troisième organisation du secteur avait consulté les quelque 3.600 entreprises qu'elle représente (pour 110.000 salariés) la semaine dernière, pour déterminer quelles actions mener face à une situation "intolérable" .

Les transporteurs déplorent des mois de retard dans le versement des aides exceptionnelles qui leur avaient été promises face à la flambée des prix des carburants. Pour le mois d'avril, 80% des entreprises qui en ont fait la demande ont perçu leur aide et seulement 16% pour le mois de mai, selon le cabinet du ministre des Transports. Le décret pour les aides des mois de juin à août, lui, n'a été publié que le 23 septembre. Les entreprises ont jusqu'au 9 novembre pour en faire la demande et les versements n'auront lieu qu'après cette date.

"Le désespoir gagne les entreprises"

Autre motif de colère : le transport routier reste exclu de l'aide aux grands rouleurs , prolongée et élargie le 22 septembre, justement parce que les entreprises ne peuvent pas cumuler les aides exceptionnelles.

De son côté, la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), première organisation du secteur, n'a pas encore décidé de la suite à donner à ses revendications. Ses instances réunies lundi, alors que "le désespoir gagne les entreprises" , ont réitéré leurs doléances au gouvernement.

La FNTR demande dans un communiqué de "renforcer l'indexation des coûts énergétiques". Ce système impose aux transporteurs d' indexer leurs tarifs sur les prix des carburants. Le ministère des Transports a déclaré, la semaine dernière à l' AFP , travailler à une réforme de l'indexation.

La fédération demande en outre "une baisse significative et temporaire des taxes sur les carburants professionnels pendant toute la durée de la crise". Si son appel reste sans réponse mi-octobre, elle envisagera à son tour une mobilisation.

De leur côté, la Fédération française de carrosserie (FFC) et Solutrans, le salon des professionnels du transport routier, avaient lancé vendredi un "appel solennel à l'État" pour demander "une concertation nationale avec les représentants du secteur pour acter des mesures d'urgence".