Flambée des carburants : Donald Trump prolonge la suspension des sanctions sur le pétrole russe stocké en mer
information fournie par Boursorama avec Media Services 19/05/2026 à 11:51

Les marchés énergétiques mondiaux sont perturbés depuis le déclenchement fin février par les États-Unis et Israël d'une offensive contre l'Iran.

Donald Trump à Washington, aux États-Unis, le 18 mai 2026. ( AFP / KENT NISHIMURA )

Le marché mondial des hydrocarbures étant toujours bloqué par le conflit au Moyen-Orient, les États-Unis ont annoncé lundi 18 mai la prolongation de la suspension des sanctions qui frappent le pétrole russe stocké en mer.

Cette nouvelle exemption "temporaire de 30 jours" doit "permettre aux pays les plus vulnérables" d'importer ce pétrole, a expliqué sur la plateforme X le secrétaire au Trésor, Scott Bessent. Washington, qui entrave d'ordinaire les transactions concernant le pétrole russe, a mis en place en mars cette dérogation pour tenter de modérer la flambée des cours consécutive à la guerre au Moyen-Orient. Elle avait déjà été prolongée. Le Kremlin avait salué cette décision, alors que Kiev et ses alliés européens y avaient vu une façon pour Moscou de remplir les caisses de l'État russe et l'effort de guerre contre l'Ukraine.

Publiée par le service gouvernemental chargé des sanctions (OFAC), l'exemption court jusqu'au 17 juin. Elle concerne le pétrole en mer avant le 17 avril , même s'il est chargé sur des navires faisant eux-mêmes l'objet de sanctions.

"Cette licence générale contribuera à stabiliser le marché physique du brut et à garantir que le pétrole parvienne aux pays les plus vulnérables sur le plan énergétique", a poursuivi Scott Bessent. Selon lui, cela va aussi éviter que ce pétrole afflue vers la Chine, qui en "constitue des stocks à prix réduit".

Le commissaire européen à l'Économie a indiqué mardi que l'Union européenne n'était pas favorable à cette décision. Interrogé par la presse à son arrivée pour le deuxième jour du G7 Finances qui se tient à Paris, Valdis Dombrovskis a déclaré : "Le secrétaire Bessent nous a informés de cette décision".

"Pas le moment d'alléger la pression"

"Du point de vue de l'UE, nous ne pensons pas que ce soit le moment d’alléger la pression sur la Russie, a-t-il déclaré. En fait, c'est la Russie qui profite de la guerre en Iran et de la hausse des prix des combustibles fossiles. En conséquence, s'il y a un changement à apporter, ce serait plutôt de renforcer la pression".

"Le secrétaire Bessent nous a assuré qu'il s'agit d'une mesure temporaire, mais nous savons qu'il s'agit déjà de la deuxième prolongation d’une mesure qui, à l'origine, ne devait durer que 30 jours", a ajouté le commissaire.

Les sanctions américaines avaient pour but de tarir les revenus issus du pétrole russe et donc cette source de financement de la guerre menée par Moscou en Ukraine.

Les marchés énergétiques mondiaux sont perturbés depuis le déclenchement fin février par les États-Unis et Israël d'une offensive contre l'Iran. Téhéran contrôle le détroit d'Ormuz, s'en servant comme d'un levier stratégique. Les navires passent désormais au compte-gouttes.

L'Iran a formalisé lundi la création d'un nouvel organisme pour la gestion de cette voie maritime . Selon le journal spécialisé Lloyd's List , il est "chargé d'approuver les transits de navires et de percevoir des droits de passage".

D'ordinaire, le détroit assure le transit d'environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL), ainsi que d'autres matières premières majeures, dont les engrais.