Finfluenceurs : quand l’influence financière engage la responsabilité information fournie par Mingzi 19/01/2026 à 08:19
Promouvoir un placement financier sur les réseaux sociaux n'est jamais anodin. Entre promesses de gains rapides et risques de pertes élevées, les messages des finfluenceurs peuvent avoir des conséquences bien réelles sur l'épargne de leurs abonnés. Face à ces enjeux, les autorités rappellent un cadre clair et exigeant.
L'investissement est un sujet qui monte en puissance sur les réseaux sociaux. Actions, crypto-actifs, Forex ou produits dérivés y sont présentés à des millions d'abonnés, souvent sous un angle attractif et simplifié. Pourtant, ces produits financiers sont complexes et parfois très risqués. Conscientes de l'essor de cette « finfluence », l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) et l'Autorité des marchés financiers (AMF) ont publié une fiche pédagogique destinée aux influenceurs afin de promouvoir une communication responsable et conforme au droit.
Une responsabilité réelle, même sans statut d'expert
Premier message clé des autorités : tout influenceur est responsable de ce qu'il publie, même s'il ne se considère pas comme un professionnel de la finance. Un message imprécis, exagéré ou trompeur peut entraîner des pertes financières pour les abonnés … et une responsabilité juridique pour son auteur. Dire « ce n'est que mon avis » ne suffit pas à se dégager de toute obligation.
Transparence obligatoire sur les partenariats
La loi française impose une transparence totale sur toute relation commerciale. Lorsqu'un influenceur est rémunéré ou bénéficie d'avantages pour promouvoir un produit ou un service financier, cela doit être clairement indiqué, de manière lisible et compréhensible. Les mentions comme « publicité » ou « partenariat rémunéré » sont obligatoires. Les dissimuler dans des hashtags ou en petits caractères expose à des sanctions pour publicité trompeuse.
Des produits à hauts risques à manier avec précaution
Certains investissements fréquemment évoqués en ligne — CFD, Forex, crypto-actifs ou futures — présentent un risque élevé de perte, parfois totale, du capital investi. Les autorités rappellent qu'il est indispensable d'être exact, clair et équilibré : les risques doivent être présentés aussi clairement que les gains potentiels. Les promesses irréalistes du type « devenez riche rapidement » sont à proscrire, car elles sont souvent le signe d'arnaques.
Conseil en investissement : une ligne à ne pas franchir
Dire à quelqu'un quoi acheter, vendre ou conserver peut constituer un conseil en investissement, une activité strictement encadrée et soumise à autorisation préalable de l'AMF. Même le fait de promouvoir une stratégie ou d'annoncer une opinion sur l'évolution d'un actif peut être assimilé à une recommandation. Dans ce contexte, les avertissements tels que « ceci n'est pas un conseil » ne protègent pas juridiquement l'influenceur.
La loi française renforce l'encadrement
Depuis la loi du 9 juin 2023 encadrant l'activité d'influence commerciale, certaines promotions sont formellement interdites, notamment celles portant sur des produits financiers particulièrement risqués ou sur des acteurs non régulés dans le domaine des crypto-actifs. Les autorités encouragent également les influenceurs à se former, notamment via le certificat de l'influence responsable proposé par l'ARPP en partenariat avec l'AMF.
Influencer, oui … mais de façon responsable
Informer sans induire en erreur, être transparent, ne pas se présenter comme expert et respecter la loi : telles sont les bases d'une influence financière responsable. À l'heure où un simple post peut influencer des décisions d'investissement, la prudence n'est plus une option, mais une obligation.