Fibre Excellence: la région demande une "nationalisation temporaire" de l'usine de pâte à papier
information fournie par Boursorama avec AFP 02/09/2026 à 15:45

( AFP / THIBAUD MORITZ )

La région Occitanie demande à l'Etat "une nationalisation temporaire" de l'usine de pâte à papier Fibre Excellence, basée à Saint-Gaudens (Haute Garonne), afin d'avoir le temps de trouver un industriel partenaire, a indiqué sa présidente Carole Delga mercredi.

Faute de solution immédiate de reprise de l'usine, "je demande une nationalisation temporaire de Fibre Excellence, une prise de participation de l'Etat, pour laisser le temps à un partenariat industriel de se former", a déclaré Mme Delga (PS), lors d'une conférence de presse.

Propriété du papetier indonésien Jackson Wijaya, la société Fibre Excellence a été placée en redressement judiciaire en avril. Ses deux usines, à Saint-Gaudens et Tarascon (Bouches-du-Rhône), ont été mises à l'arrêt.

Le 29 juillet, le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la liquidation judiciaire du site de Tarascon, qui employait 270 personnes.

Le sort de l'usine de Saint-Gaudens, comptant 270 salariés également, doit être examiné le 8 septembre par le tribunal de commerce.

Par le biais de l'Agence régionale des investissements stratégiques (ARIS), la région Occitanie a déjà attiré un groupe alsacien, la Soprema, pour constituer un "projet de consortium" destiné à redémarrer l'usine de Saint-Gaudens.

Mme Delga demande une participation de l'Etat d'un montant de 15 millions d'euros "le temps qu'un industriel puisse se substituer aux acteurs publics". Cette décision de participer au capital de la société relève "de la compétence du président de la République", a-t-elle insisté.

Aujourd'hui, a-t-elle regretté, "il n'y a pas de mobilisation du gouvernement ni de l'Etat". La recherche de repreneurs, "ce travail que nous faisons, c'est l'Etat qui devrait le faire. Je n'en peux plus de ce pays qui renonce", a-t-elle lancé.

Fibre Excellence étant le dernier producteur français de pâte à papier, la recherche d'un industriel papetier s'oriente vers un acteur étranger.

Mardi, un dirigeant d'une société portugaise productrice de pâte à papier s'est rendu à Saint-Gaudens pour visiter le site, a signalé la région, sans préciser le nom de l'entreprise.

La demande annoncée mercredi vise à obtenir du temps pour nouer des partenariats industriels, alors que les dispositifs du tribunal de commerce ne permettent pas de tels délais.

"Nous avons besoin de trois à quatre mois de plus", a plaidé Mme Delga.

Au nom de la souveraineté industrielle française, les représentants du personnel et les pouvoirs locaux mettent en avant la nécessité de sauver l'usine, qui produit de la pâte à papier pour fabriquer ensuite cahiers, papier hygiénique ou emballages cartonnés.

La région assure que cette usine de Saint-Gaudens, située au pied des Pyrénées, est rentable et qu'elle dégageait un excédent de 9 millions d'euros par an, jusqu'en 2024.

L'arrêt des deux usines a profondément déséquilibré la filière d'approvisionnement en bois dans le sud de la France.