Feu vert américain pour un traitement abordable contre le VIH pour les pays en développement information fournie par AFP 02/11/2026 à 17:47
L'agence américaine du médicament (FDA) a approuvé lundi une version générique à bas coût d'un traitement préventif contre le VIH dont l'efficacité approche les 100%, destinée aux pays à revenu faible ou intermédiaire, "une avancée extraordinaire pour la santé mondiale", a salué l'organisation Unitaid.
Cette approbation a été annoncée par Dr Reddy's Laboratories, le fabricant indien de la version générique du lénacapavir, et par Unitaid, organisation internationale dont l'action vise à faciliter l'accès aux médicaments.
Le traitement sera disponible au prix de 40 dollars par personne et par an, dans 120 pays à revenu faible ou intermédiaire, en vertu d'un accord annoncé en septembre 2025. Les premiers médicaments sont attendus "avant la fin de l'année, avec une disponibilité plus importante en 2027", indique Unitaid sur son site internet.
Ce traitement consiste en deux injections annuelles et permet de réduire de 99,9% les risques de transmission du VIH, une petite révolution dans le domaine des médicaments connus sous le nom de "prophylaxie pré-exposition", ou "PrEP".
Auparavant, ces traitements, pris par des personnes qui ne sont pas infectées mais considérées à risque, nécessitaient la prise quotidienne d'un comprimé.
"C'est une avancée extraordinaire pour la santé mondiale. Pendant trop longtemps, les populations des pays à revenu faible ou intermédiaire ont dû attendre dix ans, voire davantage, pour accéder à des médicaments révolutionnaires déjà disponibles ailleurs. Avec le lénacapavir, nous avons réduit ce délai à un peu plus d'un an", s'est félicitée, auprès de l'AFP, Carmen Pérez-Casas, responsable principale de la stratégie d'Unitaid pour le VIH.
"C'est un moment d'immense fierté pour nous tous chez Dr. Reddy's", a déclaré Deepak Sapra, responsable au sein du laboratoire indien dans un communiqué.
"Développer et fabriquer à un coût abordable un injectable complexe comme le lénacapavir demande des capacités scientifiques importantes et un solide savoir-faire industriel pour répondre à un besoin d'accès urgent au traitement", a-t-il ajouté.
Sollicitée par l'AFP, la FDA n'avait pas réagi dans l'immédiat.
Le lénacapavir, d'abord fabriqué par le laboratoire américain Gilead, a été approuvé en juin 2025 mais son prix très élevé restait prohibitif.
Espoir
Ce nouveau traitement nourrit ainsi l'espoir de réduire le nombre de nouvelles infections par le VIH, notamment dans les pays en développement.
"Mais le véritable succès reste à venir", a prévenu Carmen Pérez-Casas, d'Unitaid.
"On estime que 1,2 million de personnes ont contracté le VIH l'année dernière, alors que nous disposons désormais d’un médicament offrant une protection proche de 100 % avec seulement deux injections par an", a-t-elle poursuivi.
"Unitaid travaille déjà avec les gouvernements et ses partenaires pour accompagner le déploiement du lénacapavir sous l'impulsion des pays", a précisé la responsable.
"Avant même que les génériques ne soient disponibles, plus de 125.000 personnes dans 10 pays africains pionniers ont déjà commencé à distribuer le traitement lénacapavir de Gilead", a souligné Unitaid dans son communiqué.
Fin février, le Kenya avait déjà commencé à administrer ses premières doses de lénacapavir dans un quartier populaire de la capitale Nairobi.
L'Onusida, agence des Nations unies chargée de combattre cette maladie, avait averti en juin que les coupes massives dans l'aide internationale compromettaient la lutte contre le VIH, avec un recul du dépistage, de l'accès aux traitements préventifs et de la distribution de préservatifs.