Fête de la musique: les Anglais de nouveau en force à Paris information fournie par AFP 19/06/2026 à 15:56
"Le train, l'hôtel, tout est réservé", annonce Drew SP, influenceuse londonienne qui, comme beaucoup de ses compatriotes, a décidé de venir à Paris pour la Fête de la musique. L'événement connaît, depuis l'an dernier, un engouement en Angleterre alimenté surtout par les réseaux sociaux.
Les vidéos de la Tiktokeuse de 30 ans y défilent parmi un flot infini de capsules où des Britanniques témoignent de leur impatience à revenir faire la "Fête", comme ils l'appellent.
Cette affluence d'outre-Manche, les autorités ne l'avaient pas vu venir en 2025, admet à l'AFP Lamia El Aaraje, première adjointe au maire de Paris chargée entre autres de la sécurité.
Il y a eu dans les rues de Paris "deux millions de personnes (...) avec un appel à toute la jeunesse européenne à venir faire la fête avec nous en mode grosse rave party", indique-t-elle jeudi en marge d'une déambulation avec une équipe d'agents de propreté.
Pour cette édition, "on s'attend à une Fête de la musique qui ressemble en volume à ce qui s'est passé l'année dernière", prévoit l'adjoint à la Vie nocturne, Pierre Rabadan, avec "à peu près entre +3% et +4%" de réservations.
Des milliers d'Anglais (re)viendront ainsi avec l'espoir de retrouver l'enchantement de la première fois. "Je dansais, je buvais, je m'amusais comme jamais", se rappelle Drew SP.
"A chaque coin de rue, il y avait une fête de quartier", raconte Serpico Collins, 33 ans, qui habite le quartier branché de Camden, à Londres.
Avec à la clé des découvertes culturelles - "tout le monde dit +wesh+ à Londres maintenant!" assure-t-il - et musicales. "Il y avait tous les genres: rap français, rap britannique, afrobeat..." énumère Drew SP.
Serpico Collins se souvient de la révélation du bouyon, genre très populaire dans les Antilles, et exporté via Eurostar après l'édition 2025. "Ce sont des chansons qu'on a entendues tout l'été, même au Carnival" de Notting Hill, à Londres, en août, relate-t-il avant de fredonner un air de l'étoile montante de la chanson française Theodora.
Leila Frenet, une influenceuse française de 28 ans installée depuis trois ans à Londres, constate cependant que les Anglais "veulent ramener leur culture de la consommation avec des soirées payantes alors que la Fête de la musique, c'est pas du tout ça à la base".
La Bordelaise a suivi ses amis londoniens à Paris l'an dernier et en est rentrée déçue après avoir enchaîné les boîtes de nuit, loin de son expérience habituelle dans les rues de sa ville. "Restez à Londres si vous voulez faire ça!" lance-t-elle.
"Plus de visibilité"
Pour Serpico Collins, faire la tournée des clubs est "une erreur de débutant". Il prévoit bien d'arpenter les quartiers de la capitale, à la recherche de DJs postés aux balcons et de musique live.
Peut-être croisera-t-il Benjamin Wainwright, saxophoniste de 31 ans qui viendra faire sa première "Fête" avec sa fanfare dans le quartier Oberkampf. "On pense que ça va nous apporter plus de visibilité", se réjouit-il d'avance.
Le musicien aimerait voir la Fête de la musique s'exporter au Royaume-Uni, mais Drew SP n'y croit pas: "Je ne pense pas que ça pourrait se faire à Londres, pas de manière aussi pacifique".
L'édition 2025 en France avait pourtant été marquée par des appels sur internet à "attaquer et à piquer des femmes" et d'autres formes de violences qui avaient donné lieu à 371 interpellations (326 en 2024) dont 89 à Paris, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
Cette année, "aucun débordement ne devra être toléré", a-t-il prévenu.
A Paris, la "Fête" sera plus courte, rappellent les adjoints au maire, avec une fin annoncée à 00H30. "On sera intransigeants" avec ceux qui veulent prolonger les festivités, assure Lamia El Aaraje, annonçant de nouveaux dispositifs de sécurité: salles de crise, vidéosurveillance, "safe spaces" (endroits sécurisés contre les violences sexistes et sexuelles).
Et l'édile de préciser à l'AFP que les consignes de sécurité ont été transmises aux ambassades, notamment pour faire face à la canicule: Météo-France annonce en effet un pic à 36°C dimanche.
Rien de décourageant pour Serpico Collins, résolument déterminé à "go to Fête". "Paris l'été, c'est incroyable !"