Fête de la musique: le concert de LFI autorisé par la justice administrative
information fournie par AFP 19/06/2026 à 20:43

Le tribunal administratif de Paris a suspendu la décision du préfet de police d'interdire un concert de LFI prévu sur la place de la République ( AFP / ROMEO BOETZLE )

Le tribunal administratif de Paris a suspendu vendredi la décision du préfet de police d'interdire un concert de La France insoumise prévu sur la place de la République à l'occasion de la Fête de la musique.

"Le tribunal a estimé que les risques de troubles à l'ordre public invoqués par l'arrêté pour justifier l'interdiction n'étaient pas suffisamment justifiés par le préfet, en relevant qu'aucun des éléments produits ne permettait de les conforter", a indiqué dans un communiqué la juridiction administrative, saisie en référé, une procédure d'urgence.

Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, a crié "Victoire" sur X. "Le préfet de police, le président du Crif et la mairie PS de Paris ont tenté en vain d'attenter aux libertés publiques de l'opposition de gauche", a écrit le candidat à l'élection présidentielle.

"Le préfet de police prend acte de la décision" du tribunal "qui a estimé que les conditions étaient réunies pour permettre au concert de se dérouler en sécurité", a réagi la préfecture de police.

L'arrêté litigieux, pris mercredi soir par la préfecture, relevait que l'"événement devrait accueillir notamment le Comité Adama et sa fondatrice Assa Traoré, les rappeurs Médine et Soso Maness".

A propos de ce dernier, la mesure d'interdiction était justifiée par le fait qu'il avait chanté "Tout le monde déteste la police" lors de la Fête de l'Humanité en 2021.

"La préfecture de police de Paris est dans son rôle, elle constate des risques de trouble à l'ordre public du fait d'invités qui ont tenu par le passé des propos injurieux notamment à l'encontre des forces de l'ordre", avait appuyé jeudi matin la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.

Mais, a décidé le tribunal administratif de Paris, si le préfet de police s'est fondé sur la présence annoncée de ces personnalités pour caractériser le risque "d'attirer un public hostile aux forces de l'ordre et de donner lieu à la diffusion de propos appelant à la haine, à la discrimination ou à la violence", "l'interdiction d'une réunion ne peut être décidée qu'en dernier recours".

Les magistrats ont "ensuite relevé que les organisateurs de cette manifestation n'avaient prévu ni la participation d'Assa Traoré, ni celle des rappeurs Médine et Soso Maness".

Le juge des référés "a également noté que les pièces versées au dossier ne permettaient pas de justifier l'existence de risques de troubles matériels à l'ordre public ou de la commission suffisamment certaine et imminente d'infractions pénales", poursuit le communiqué.

"Récupération"

Ce concert organisé par LFI, qui assume de politiser l'événement festif qu'est la Fête de la musique, avait été annoncé dimanche soir.

Dans la foulée, le maire PS de l'arrondissement de Paris Centre, Ariel Weil, opposant de LFI, avait dénoncé un "projet irresponsable" et une "récupération à des fins politiques d'un événement festif".

Le fondateur de LFI Jean-Luc Mélenchon au salon VivaTech à Paris le 19 juin 2026 ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )

"Ce concert est légal mais est-il pertinent pour la démocratie ? Aucun parti politique ne devrait pouvoir détourner une fête populaire qui vise à rassembler les Français, pas à les diviser", avait pour sa part déclaré le président du Crif, Yonathan Arfi.

Contacté par l'AFP, l'entourage du maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire n'avait pas souhaité s'exprimer.

"Vous imaginez, si le RN faisait un concert, qu'est-ce qu'on aurait dit ?", avait néanmoins commenté une source au sein de la majorité au Conseil de Paris.

"C'est un véritable camouflet pour le gouvernement et tous ceux qui ont voulu y trouver une occasion de s'en prendre à la France insoumise", a réagi le coordinateur de LFI Manuel Bompard après l'annonce de l'autorisation du concert.

La France insoumise avait déjà organisé des concerts pour la Fête de la musique en 2025, sur les bords du canal Saint-Martin à Paris. Le rappeur Médine y était présent. Le rassemblement n'avait pas été annulé.