Farage réélu au Parlement britannique après avoir battu le "Comte Tête-de-Poubelle"
information fournie par Reuters 14/08/2026 à 18:06

L'ancien chef de l'UKIP, Nigel Farage, s'exprime lors d'un entretien avec Reuters dans son bureau de Westminster, à Londres

Nigel Farage, chef du parti populiste britannique Reform UK, ‌a été réélu vendredi comme député de sa circonscription lors d'une élection législative partielle qu'il avait lui-même déclenchée afin de réaffirmer sa ​légitimité.

Le chef du parti anti-immigration, en difficulté après avoir omis de rendre public un don en sa faveur de cinq millions de livres, avait démissionné le mois dernier de son mandat de député de la circonscription de Clacton, au nord-est de Londres.

Il a été réélu ​avec 62,8% des voix, devançant son principal adversaire, le "Comte Tête-de-poubelle" (Count Binface), un personnage satirique vêtu d'une cape et d'un casque en forme de benne à ordures créé par l'humoriste Jonathan ​Harvey, qui a obtenu 26,7% voix. Le taux de participation s'est ⁠élevé à 44 %.

Le scrutin avait été boycotté par les principaux partis politiques, le qualifiant de coup médiatique égoïste, ouvrant la ‌voie à plusieurs candidats satiriques et indépendants.

Nigel Farage a décidé de ne pas se rendre au dépouillement des votes dans la station balnéaire de Clacton, affirmant que la police l'avait averti qu'une campagne visait à perturber ​le résultat. Il a également annulé son discours ‌de victoire qu'il devait prononcer vendredi.

"Je ne veux pour rien au monde me retrouver sur scène, ⁠après avoir remporté une victoire retentissante (...) pour me faire rabaisser et humilier par des inconnus", a-t-il déclaré avant l'annonce des résultats.

REPRISE DE L'ENQUÊTE DU PARLEMENT SUR LE DON À FARAGE

Nigel Farage avait espéré faire de l'élection une illustration de la "confrontation entre le peuple et l'élite" ⁠mais cette tentative a tourné ‌court en raison de l'absence des autres partis, a estimé Laura Richards-Gray, maître de conférences en sciences politiques ⁠à l’université Birkbeck de Londres.

"Cela s'est retourné contre lui, en particulier au niveau national, car Nigel Farage a perdu le contrôle du ‌discours", a-t-elle ajouté.

La regain de popularité du Parti travailliste au pouvoir depuis l'arrivée d'Andy Burnham au poste de Premier ⁠ministre le mois dernier a également affaibli la position de Nigel Farage.

Et, à la suite ⁠de la réélection de ce dernier, ‌le parlement britannique a dit reprendre son enquête - qui avait été mise en pause le temps de la campagne - sur les dons ​non déclarés du chef de file de Reform UK.

Bien qu'il était attendu ‌que Nigel Farage remporte le scrutin, son score a été inférieur aux prévisions d'un sondage Survation réalisé le mois dernier, qui lui attribuait 73% des voix contre ​20% pour Count Binface.

Parmi les mesures de Count Binface figuraient entre autres le plafonnement du prix des cornets de glace, la nationalisation de la chanteuse Adele ou encore la conscription de toute personne utilisant un haut-parleur dans les transports en commun.

Si jamais l'enquête ⁠du Parlement en arrive à la conclusion que Nigel Farage a violé les règles en ne déclarant pas les cinq millions de livres reçus du milliardaire Christopher Harborne, spécialisé dans les investissements dans les cryptomonnaies, il pourrait être suspendu et une nouvelle élection législative pourrait devoir être organisée.

Dans ce cas, Count Binface a promis d'être au rendez-vous : "On se retrouve pour la deuxième partie de l'élection partielle de Clacton, bientôt dans un centre de loisirs près de chez vous", a-t-il dit.

(Marissa Davison ; rédigé par Andrew MacAskill ; version française Etienne Breban, édité ​par Jean-Stéphane Brosse et Benoit Van Overstraeten)