Falaise effondrée à Biarritz: les pompiers arrêtent les recherches, le disparu introuvable
information fournie par AFP 25/06/2026 à 18:30

Des sauveteurs à la recherche d'un homme porté disparu après l'effondrement d'une falaise, à Biarritz, le 25 juin 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )

Les pompiers ont passé jeudi le relais aux services municipaux pour poursuivre les recherches jusqu'ici infructueuses de l'homme de 34 ans enseveli mercredi soir en mer par l'effondrement soudain d'un pan de falaise à Biarritz, fatal à sa compagne de 33 ans.

"On a fait le tour de ce qu'on pouvait faire, on ne trouve pas le corps", a déclaré à la presse le capitaine des pompiers des Pyrénées-Atlantiques Bernard Leugé, qui a codirigé les opérations depuis la chute inattendue de ces 2.000 mètres cubes de roche mercredi vers 20H20 aux abords du phare.

Avec en outre une alerte au vent et à la grêle en fin d'après-midi, "il a été décidé d'arrêter les recherches au niveau du Sdis 64. Ces recherches seront poursuivies par d'autres services. La main est laissée à la mairie", a-t-il ajouté.

L'homme disparu et la femme décédée étaient deux Biarrots vivant en couple "partis pour faire de la pêche sous-marine", a déclaré le maire de la cité balnéaire basque, l'ancienne légende du rugby Serge Blanco, évoquant "un véritable traumatisme".

Une palme et un harpon appartenant à la femme ont été retrouvés. Son corps a été découvert juste avant l'interruption des recherches mercredi soir, en raison de l'obscurité, de la fragilité de la falaise et de la mauvaise vision sous l'eau, selon le capitaine Leugé.

Jeudi matin, douze plongeurs sont arrivés en renfort, avec un drone qui a survolé la falaise largement éventrée ou encore un jet-ski, mais la décision a été prise de "reculer les recherches à 100 mètres de la falaise pour ne mettre personne en danger", selon lui.

Des craquements et des éboulements ont été constatés dans la nuit et des fissures ont été repérées sur un autre bloc de 800 à 1.000 mètres cubes, qui n'est pas encore tombé, a-t-il précisé jeudi après-midi.

"Coup de tonnerre"

La falaise située face à la plage de Miramar, sous le phare de Biarritz, au lendemain de l'effondrement, le 25 juin 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )

Un drone subaquatique est allé explorer "des cavités pas accessibles aux plongeurs" et s'est approché au plus près de la falaise", selon son télépilote, le capitaine du Sdis 64 Yannick Bagneris, mais sans plus de résultats.

Cet effondrement spectaculaire s'est produit en plein cœur de la ville, alors que la plage voisine du Miramar était "bondée", selon des témoins, par des températures ayant dépassé 40°C à Biarritz mercredi.

Vincent Pariset, réceptionniste âgé de 45 ans, qui faisait une sortie paddle dans l'eau avec sa fille, a entendu un "bruit très sourd", "comme un coup de tonnerre".

"On s'est retourné, et on a vu un pan de la falaise s'effondrer. On a vu de l'eau gicler en l'air", a-t-il ajouté.

"On se posait souvent pour le coucher de soleil à l'endroit où la roche est tombée et on ne se serait jamais dit que la falaise pouvait s'effondrer", a déclaré à l'AFP Marie Burkel, designeuse de 32 ans, venue se baigner sur la plage du Miramar.

Un troisième homme qui se trouvait avec le couple a été retrouvé "indemne physiquement mais fortement choqué", selon la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

"Il était tout groggy", selon Vincent Pariset. "Il peinait à parler, il a juste dit aux sauveteurs que les deux autres étaient là-bas".

Panneaux d'avertissement

Des sauveteurs à la recherche d'un homme porté disparu après l'effondrement d'une falaise, à Biarritz, le 25 juin 2026 ( AFP / Philippe Lopez )

Serge Blanco a évoqué une "fatalité", tout en soulignant qu'il "faut que les gens prennent conscience qu'il ne faut pas aller au-delà" des interdictions.

Un vieux panneau "Zone dangereuse", "Accès interdit", est accroché au-dessus de l'entrée de la plage Bernain menant au phare, mais cet avertissement était régulièrement outrepassé, selon plusieurs témoins.

"Depuis 2018, on sait que le trait de côte travaille, c'est la nature", a ajouté M. Blanco, qui a "pris un arrêté interdisant l'accès, la baignade et la navigation dans un périmètre de 300m depuis le pied de la falaise".

Selon une association locale de protection de cette falaise, qui va de Miramar jusqu'à la plage de la Chambre d'Amour dans la commune voisine d'Anglet, d'autres éboulements s'étaient déjà produits en juin 2018, ou précédemment en avril 2008.

L'érosion affecte tout le littoral Atlantique de la Charente-Maritime jusqu'au Pays basque: plusieurs milliers de logements et commerces sont menacés par ce recul du trait de côte d'ici à 2050, si rien n'est fait.

Un peu plus au nord, la promenade qui surplombe les dunes de la station landaise de Biscarrosse a également subi un fort éboulement cet hiver.