Face au choc énergétique, la croissance allemande s'offre un répit début 2026
information fournie par Boursorama avec AFP 30/04/2026 à 14:30

L'Allemagne a démarré l'année 2026 avec une croissance meilleure que prévue, déjouant temporairement les craintes de "stagflation", mélange de stagnation économique et de hausse des prix, liées à la guerre au Moyen-Orient, sans dissiper les doutes sur la reprise.

Friedrich Merz, à Emden (Allemagne, le 29 avril 2026 ( AFP / FOCKE STRANGMANN )

Entre janvier et mars, le PIB a grimpé de 0,3% par rapport au dernier trimestre 2025, selon des données provisoires communiquées jeudi par l'Office statistique Destatis.

C'est 0,1 point de pourcentage de plus que les prévisions des analystes sondés par Factset.

La première économie européenne, sortie timidement de la récession l'an dernier, s'en sort mieux que la France, qui a accusé une croissance nulle au premier trimestre.

Mais le choc énergétique provoqué depuis mars par la fermeture du détroit d'Ormuz devrait freiner davantage l'activité au deuxième trimestre.

Le gouvernement a d'ores et déjà réduit de moitié sa prévision de croissance pour 2026, de 1,0% à 0,5%, et table sur une inflation annuelle à 2,7%.

La croissance du premier trimestre est "une surprise positive au milieu d'un flot de chiffres médiocres" mais ne peut pas être un "coussin de sécurité", estime Jens-Oliver Niklasch de la banque LBBW.

"La hausse des prix de l'énergie pèsera sur les trimestres à venir", sans compter les perturbations des chaînes d'approvisionnement et une "politique monétaire potentiellement plus restrictive" selon lui.

La Banque centrale européenne devrait maintenir ses taux directeurs inchangés jeudi, malgré l'incertitude et l'inflation qui a accéléré en mars à 2,6% dans la zone euro.

Au premier trimestre, les dépenses de consommation privées et publiques ainsi que les exportations, pilier du modèle économique allemand, ont augmenté, selon Destatis.

Ces données montrent que "l'année aurait pu être solide pour l'économie allemande", indique Sebastian Wanke, économiste de la banque KfW, "mais la guerre en Iran jette désormais une ombre sur les perspectives".

Dans le scénario le plus défavorable d'une guerre qui se prolonge au Moyen-Orient, la croissance allemande pourrait être encore amputée d'environ 0,5 point cette année, par rapport à la situation d'avant conflit avec l'Iran, tandis que l'inflation augmenterait de 1,6 point de pourcentage, selon le ministère de l'Economie.

En parallèle, la coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates qui fêtera début mai son premier anniversaire, est sommée d'accélérer les réformes d'ampleur.

"Il n'existe pas de projet d'ensemble pour des réformes concrètes qui apporteraient croissance et compétitivité. Cette hésitation menace de façon existentielle le site industriel", a averti Peter Leibinger, président de la première fédération industrielle du pays BDI.

Mercredi, le chancelier Friedrich Merz a au contraire salué un compromis pour réformer l'assurance maladie et pour le budget 2027.