A l'ONU, Trump défend son nationalisme, sourd aux appels à la coopération internationale information fournie par AFP 22/09/2026 à 22:33
Donald Trump a développé mardi à l'ONU son argumentaire nationaliste habituel, restant sourd aux appels au multilatéralisme défendu notamment par le chef des Nations unies et Emmanuel Macron.
A rebours de l'isolationnisme américain exprimé lors de cette grand-messe annuelle à New York, le président français a appelé à "se tenir droit aux côtés des Nations Unies", disant craindre un "retour de la loi de la jungle".
Avant lui, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, dont le mandat s'achève en décembre, avait également appelé au respect des principes du droit international, plaidant notamment pour une coopération entre grands de ce monde sur l'intelligence artificielle.
Enlisé dans son conflit avec Téhéran, très impopulaire auprès des Américains, Donald Trump a à la fois menacé d'"anéantir" l'Iran si besoin et envisagé de trouver un accord avec ce pays "juste après" les législatives de novembre aux Etats-Unis, qui s'annoncent difficiles pour son parti républicain.
De manière inhabituelle, le président américain a suivi son prompteur.
Et c'est sur un ton relativement mesuré que le chantre de l'"Amérique d'abord" s'est opposé à tout "projet mondialisé" de régulation de l'intelligence artificielle, à contre-courant de certains dirigeants du secteur qui sonnent l'alarme depuis plusieurs semaines.
. Macron : "vive l'ONU"
Pour son dernier discours de président à la tribune de l'ONU, le chef de l'Etat français s'est livré à un vibrant plaidoyer en faveur de l'institution, gardienne d'une "société internationale civilisée".
Il a aussi rendu hommage au secrétaire général sortant de 77 ans, terminant son discours d'un "vive l'ONU" chaudement applaudi.
. Groenland: accord signé !
Immédiatement après son discours à la tribune, Donald Trump a participé à la signature avec le Danemark d'un accord sur le Groenland mettant fin à une crise majeure avec les Européens, après avoir menacé de rattacher purement et simplement aux Etats-Unis ce territoire autonome danois.
Le texte prévoit que les Etats-Unis construisent deux nouvelles bases militaires dans le sud et l'est du territoire. Il reconnaît par ailleurs la souveraineté de Copenhague et le droit des Groenlandais à l'autodétermination.
Un accord "formidable (...) pour tout le monde", selon Donald Trump.
. IA : nouvel appel à réguler
Le chef de l'ONU s'est particulièrement adressé aux nations "qui disposent des plus grandes capacités en matière d'IA", c'est-à-dire Chine et Etats-Unis, leur demandant d'"établir des canaux de dialogue, de transparence, de confiance et de coopération".
Emmanuel Macron a lui exhorté tous les Etats "attachés à leur indépendance" à développer une IA alternative afin de ne dépendre ni des Etats-Unis, ni de la Chine.
Même si Donald Trump se montre résistant à une supervision internationale, son ministre des Finances a proposé dimanche à la Chine la mise en place d'un mécanisme de notification entre les deux pays en cas d'incident.
. La Palestine dans les esprits
Evoquant le conflit entre Israël et les Palestiniens, Antonio Guterres a estimé que "les violences, les déplacements de population et l'expansion des colonies en Cisjordanie occupée" par Israël faisaient "planer le spectre d'un nettoyage ethnique".
"Nous ne pouvons pas laisser la solution à deux États disparaître sous nos yeux", a-t-il insisté, alors que cette perspective semble s'éloigner.
Emmanuel Macron, lui, a parlé d'"un spectacle qui nous fait honte" en parlant de la Cisjordanie occupée et de Gaza.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté les dirigeants réunis à New York à commencer "immédiatement" la reconstruction de la bande de Gaza, anéantie par la guerre menée par Israël en réponse aux attaques du Hamas du 7-Octobre.
. Lula en campagne
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a profité de la tribune pour émettre des mises en garde, face aux craintes d'ingérence étrangère dans la campagne électorale qui l'oppose au candidat d'extrême droite Flavio Bolsonaro, proche de la sphère trumpiste.
"Nous disposons d'un système électoral moderne et solide, sous l'oeil vigilant d'une société pluraliste et d'une presse libre", a-t-il souligné, jurant d'empêcher les "ennemis de la démocratie, qu'ils soient nationaux ou étrangers, de porter atteinte à la volonté populaire".
. Cuba furieux
A New York, le gouvernement cubain a vivement réagi à des déclarations de Donald Trump assurant que le "régime communiste" allait "tomber", sans dire quand ni comment.
"Le gouvernement des États-Unis est incapable d'accepter que Cuba est, et a le droit d'être, un pays pleinement indépendant et souverain", a dénoncé sur X le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, qui dirige la délégation cubaine à New York.