Extrême droite: la justice sonne la fin de la dynastie Bompard à Orange information fournie par AFP 26/01/2026 à 12:09
La justice a sonné la fin de la dynastie des Bompard à Orange, dans le Vaucluse, en condamnant lundi le fils, Yann Bompard, maire de la ville depuis 2021, à cinq ans d'inéligibilité, une décision qui s'applique immédiatement et le contraint à démissionner.
Yann Bompard, jugé à Marseille pour avoir occupé un emploi fictif de collaborateur parlementaire, devra aussi démissionner de son mandat de conseiller départemental. Il avait succédé à son père, Jacques Bompard, maire de cette ville de 30.000 habitants depuis 1995, quand celui-ci avait été condamné pour prise illégale d'intérêt.
L'élu n'était pas présent à l'annonce du jugement lundi matin. Sollicités par l'AFP après l'audience, ses avocats n'ont pas souhaité faire de commentaire.
La députée RN Marie-France Lorho, elle aussi prévenue dans cette affaire comme employeuse de Yann Bompard, est elle venue à la barre. Le tribunal correctionnel de Marseille l'a également condamnée à cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. Tous deux sont aussi condamnés à 18 mois de prison avec sursis.
Expliquant la décision d'exécution provisoire, la présidente du tribunal a estimé que les deux prévenus n'étaient "pas aptes à exercer (leurs) fonctions et ce dès aujourd'hui".
L'avocat de Mme Lorho, Guillaume de Palma, a indiqué à l'AFP qu'elle resterait députée "jusqu'à la fin de son mandat actuel", comme le prévoit la jurisprudence et que sa cliente n'avait pas encore décidé d'un éventuel appel.
Marie-France Lorho était devenue députée sous l'étiquette Ligue du Sud, petit parti créé par Jacques Bompard, quand celui-ci avait laissé sa place pour cause de cumul des mandats en 2017.
C'est à la fin de ce premier mandat qu'elle avait engagé Yann Bompard comme collaborateur, avant d'être reconduite en 2022 puis en 2024, cette fois sous l'étiquette RN.
- "Facteur aggravant" -
La justice lui reproche de ne pas avoir mis fin à ce contrat de travail alors que M. Bompard ne l'effectuait plus après avoir succédé à son père Jacques à la tête de la mairie d'Orange, fin 2021.
La présidente du tribunal a fait remarquer que Yann Bompard n'utilisait plus les moyens mis à sa disposition pour faire son travail de collaborateur parlementaire, "son bureau, son adresse mail".
Les multiples casquettes du fils Bompard, conseiller départemental, président d'intercommunalité, collaborateur parlementaire puis, surtout, maire d'Orange, faisaient que "matériellement (...) il manquait de temps pour remplir ses obligations contractuelles" dont "la grande majorité (...) n'était pas effectuée", avait pointé la procureure lors de l'audience, en réclamant cette peine d'inéligibilité avec application immédiate.
"Alors qu’elle disposait des moyens de mettre fin à l’infraction, Marie-France Lorho a persisté à employer et à rémunérer Yann Bompard, et ce pendant plus d’une année", a relevé le tribunal dans ses motivations.
Le tribunal a aussi estimé que les justifications de Mme Lorho, qui a fait part de craintes des réactions de la famille Bompard si elle mettait fin à leur collaboration, est un "facteur aggravant. "Marie-France Lorho a choisi de se positionner puis de se maintenir sous la coupe d’un responsable politique local. Elle a choisi de favoriser les intérêts financiers de la famille de ce dernier" et "de préserver son propre avenir politique au détriment du bien public".
Elle a également été condamnée à une amende de 10.000 euros. Jacques Bompard, lui, accusé de s'être enrichi personnellement en percevant un salaire indu, est condamné à une amende de 40.000 euros. Ils doivent aussi, solidairement, rembourser près de 75.000 euros à l'Assemblée nationale, partie civile.