Expatriés : pourquoi est-ce plus difficile qu'avant de garder un compte en France lorsqu'on vit à l'étranger
information fournie par Boursorama avec Media Services 03/11/2026 à 13:35

( AFP / DENIS CHARLET )

Parmi les raisons, le fait que les établissements bancaires soient "soumis à des exigences croissantes en matière de lutte contre le blanchiment, le financement du terrorisme et la fraude, qui rendent la gestion des clients non-résidents plus complexe et plus coûteuse", selon le Comité consultatif du secteur financier (CCSF).

Garder un compte en France tout en vivant à l'étranger, c'est "plus difficile". C'est le constat du Comité consultatif du secteur financier (CCSF), qui recommande aux établissements bancaires et à la Banque de France de mieux les informer sur leur droit à ce maintien.

Pourquoi est-ce aujourd'hui plus difficile ? Parce que les résidents restent plus longtemps à l'étranger - plus de 70 % y sont installés depuis plus de 10 ans, selon une étude du CCSF. Et parce que les établissements bancaires "sont soumis à des exigences croissantes en matière de lutte contre le blanchiment, le financement du terrorisme et la fraude, qui rendent la gestion des clients non-résidents plus complexe et plus coûteuse". Résultat, "une situation fréquemment rencontrée est celle de la clôture de comptes bancaires à l'occasion d’une expatriation", explique le CCSF, organisme public au sein duquel siègent des établissements financiers, des clients, des parlementaires et des syndicats.

Entre 2,8 et 3,2 millions de Français vivent à l'étranger

Il insiste donc sur l'importance du droit au compte, qui permet à un particulier, en cas de refus d'un établissement bancaire ou d'absence de réponse après une demande d'ouverture de compte, de saisir la Banque de France et de se voir ouvrir gratuitement un compte de dépôt assorti de services bancaires de base dans un autre établissement. "À cet égard, la Banque de France s'est engagée à accroître la visibilité de ce dispositif", écrit le Comité. Les banques se sont également engagées à "mieux informer les clients sur les voies de recours dont ils disposent" après une fermeture de compte.

Le groupe de travail a par ailleurs "élaboré un document d'information destiné à apporter des réponses concrètes aux principales questions rencontrées par les Français de l'étranger dans leurs démarches bancaires". Entre 2,8 et 3,2 millions de Français vivent à l'étranger, rappelle le CCSF dans son avis.

Les personnes étrangères résidant en France peuvent aussi rencontrer ces mêmes difficultés. Le media The Connexion rapportait par exemple le mois dernier que la banque américaine Chase avait informé certains de ses clients résidant en France de la clôture prochaine de leur compte bancaire, en lien avec la réglementation. Cette décision concerne des clients de Chase aux États-Unis dont l'adresse principale enregistrée est située dans l'espace économique européen.