Etats-Unis: une agente chinoise présumée accusée d'espionner la famille du président taïwanais
information fournie par AFP 05/10/2026 à 12:27

Capture d'image d'une vidéo diffusée sur le compte X du procureur fédéral adjoint américain Bill Essayli le 4 octobre 2026 montrant des agents du FBI avec Wanying Zhang après son arrestation à l'aéroport de Los Angeles, aux Etats-Unis ( X account of US Attorney Bill Essayli / Handout )

Une femme accusée d'espionner pour le compte de la Chine la famille du président taïwanais Lai Ching-te résidant aux Etats-Unis doit être présentée à un juge américain lundi, au lendemain de son arrestation à Los Angeles.

Wanying Zhang, 34 ans, a été appréhendée par les policiers du FBI à l'aéroport de la métropole californienne dimanche "alors qu'elle tentait de partir pour la Chine", a expliqué sur X Bill Essayli, procureur fédéral adjoint du district central de Californie.

Elle est accusée d'avoir "surveillé le fils du président taïwanais et sa famille -- filmant leur maison, leurs véhicules et remettant des informations aux responsables" chinois de l'opération, selon le FBI.

Le bureau de M. Lai a condamné des "agissements barbares", confirmant qu'ils visaient la famille du président.

"Un tel comportement ne devrait pas être toléré dans le monde civilisé", a tonné dans un communiqué la porte-parole de la présidence taïwanaise, Karen Kuo, remerciant les autorités américaines pour "leur assistance et la protection" des ressortissants taïwanais.

La Chine, qui revendique Taïwan comme une partie intégrante de son territoire et n'exclut pas de s'en emparer par la force, voit en Lai Ching-te, élu en janvier 2024 à Taipei, un séparatiste.

Selon les autorités américaines, la suspecte s'est rendue à Seattle (nord-ouest) en 2025 pour mener son opération. Elle transmettait à Pékin "des photos, des vidéos et des informations de plaque d'immatriculation", selon Bill Essayli.

"Ca ne se passera pas comme ça"

"Prétendre surveiller la famille d'un dirigeant étranger sur le sol américain pour le compte de la République populaire de Chine et essayer de prendre un vol pour retourner à Shanghai ? Ca ne se passera pas comme ça", a réagi le directeur du FBI, Kash Patel.

Il a mis en garde les "adversaires étrangers" des Etats-Unis. "Prenez bien note : l'Amérique n'est plus un endroit sûr pour mener vos opérations d'espionnage", a-t-il lancé sur X.

Wanying Zhang, qui habite Irvine dans la banlieue de Los Angeles, avait organisé son voyage avec "un associé" et utilisé des "techniques d'espionnage pour éviter d'être détectée", a indiqué le procureur Essayli.

Il a précisé que la jeune femme "comparaîtra devant un tribunal fédéral à Los Angeles" lundi.

Taïwan a mis en garde ses citoyens contre de possibles menaces à leur sécurité en Chine et ailleurs après l'entrée en vigueur d'une loi de Pékin sur l'unité ethnique, dont l'objectif est de construire une identité nationale "commune".

Des militants à l'étranger ont avancé que ce texte allait saper les droits des minorités ethniques telles que les Ouïghours et les Tibétains, que Pékin est accusé de persécuter.

Ils soulignent également que la loi s'applique en principe hors de Chine et pourrait servir de prétexte au gouvernement pour cibler ses opposants au-delà des frontières nationales.

Cette affaire intervient alors que le président américain Donald Trump vient de recevoir en grande pompe son homologue chinois Xi Jinping pour tenter d'apaiser les tensions entre les deux premières puissances mondiales.

La situation de Taïwan constitue l'un des dossiers sensibles entre Washington et Pékin.

Alors que les Etats-Unis sont le principal fournisseur d'armements de l'île, Taipei attend depuis des mois le feu vert américain pour un contrat militaire d'une valeur record de 14 milliards de dollars.

En mai, Donald Trump avait qualifié ce contrat de "très bon atout de négociation" avec la Chine, faisant craindre que la sécurité de Taïwan ne passe au second plan.