Essor économique en Espagne : "l'immigration" joue "un rôle assez important", souligne le gouverneur de la Banque de France
information fournie par Boursorama avec Media Services 14/01/2026 à 14:11

La Banque d'Espagne table en effet pour 2025 sur 2,9%, plus du triple de la croissance prévue pour la France (0,9%).

( AFP / OMAR HAJ KADOUR )

Les bonnes performances économiques de l'Espagne ont plusieurs causes, et notamment "l'immigration", a estimé mercredi 14 janvier le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

"C'est vrai que la performance de l'Espagne en termes de croissance est très positive. Il y a plusieurs ingrédients", a affirmé le gouverneur, interrogé sur ce sujet par les sénateurs français de la commission des Finances. La Banque d'Espagne table en effet pour 2025 sur 2,9%, plus du triple de la croissance prévue pour la France (0,9%) par sa banque centrale.

"Il y a d'abord le fait que l'Espagne, comme l'Italie, a bénéficié du plan européen post-Covid. Il y a une économie qui est très tournée vers les services et le tourisme", a d'abord énuméré François Villeroy de Galhau. Enfin "il y a l'immigration qui, je dirais, joue un rôle assez important dans la croissance espagnole" , a ajouté le gouverneur.

"Comment est-ce que ce pays sans budget arrive à faire aussi bien ? (...) La dernière fois mon collègue espagnol est venu me voir : je te signale que nous on vit sans budget et on y arrive à peu près ", a-t-il raconté.

Instabilité politique

"L'Espagne a aussi des problèmes d'instabilité politique (...) Je ne crois pas que ce soit un modèle pour la France" et "je n'en déduis pas du tout qu'on pourrait vivre sans budget", a-t-il poursuivi.

Interrogé sur l'Allemagne, premier partenaire commercial de la France, le gouverneur a souligné que "la croissance allemande est aujourd'hui inférieure à la croissance française" .

Mais il a salué les dépenses de relance dans le budget fédéral en 2026, car selon lui "il y a un effet de contagion positive" en Europe quand la croissance allemande accélère.

"Ça fait des années, des décennies, que toutes forces politiques ou familles de pensée confondues, la France et d'autres souhaitent une relance budgétaire allemande. Vous avez des marges de manœuvre, utilisez-les. Ils le font, on ne va pas s'en plaindre", a souligné le gouverneur.