Espagne: croissance "solide" du PIB au 1er trimestre (+0,6%), malgré la guerre au Moyen-Orient
information fournie par Boursorama avec AFP 30/04/2026 à 10:02

( AFP / OMAR HAJ KADOUR )

"L'économie espagnole maintient son rythme de croissance" malgré la guerre au Moyen-Orient: le gouvernement espagnol s'est félicité jeudi de la hausse "solide" du PIB national au premier trimestre, estimée provisoirement à +0,6% par l'Institut national des statistiques (INE).

Les hostilités ont fait bondir les prix du pétrole et par répercussion l'inflation en Espagne (3,2% en avril, après 3,4% en mars), dans un pays où le coût de la vie --et notamment du logement-- demeure la principale préoccupation de la population.

En raison de ce contexte géopolitique incertain, la Banque d'Espagne avait dit fin mars craindre un "ralentissement significatif" de l'activité dans le pays, pourtant l'une des économies les plus dynamiques d'Europe.

Néanmoins, il n'en a rien été entre janvier et mars, selon l'estimation donnée jeudi par l'INE.

"À ce rythme, nous continuons de caracoler en tête des principales économies de l'Union européenne", s'est réjoui le ministre de l'Économie, Carlos Cuerpo, dans une brève vidéo envoyée aux médias.

Le ministre a salué "une croissance solide, soutenue par deux grandes forces: tout d'abord, la consommation des ménages, mais aussi l'investissement de nos entreprises", avec "une productivité par heure qui repart à la hausse".

L'Espagne, quatrième économie de la zone euro, a connu en 2025 une croissance soutenue de +2,8% et la Banque d'Espagne prévoit pour cette année une hausse de +2,3% du PIB dans le pays.

Depuis fin février, les hostilités au Moyen-Orient ont fait flamber les prix à la pompe, poussant le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez à adopter en urgence fin mars un plan d'aides de cinq milliards d'euros, comprenant notamment une baisse de la TVA sur le gaz et les carburants de 21% à 10%.

Malgré tout, l'exécutif maintient en l'état ses prévisions économiques, le ministre Carlos Cuerpo ayant dit cette semaine espérer notamment voir la dette publique passer en fin d'année "sous les 100% du PIB".

Concernant le secteur clé du tourisme, le gouvernement espagnol s'est jusque-là montré tiraillé entre de possibles effets "positifs" engendrés par le conflit (des reports de flux de voyageurs du Moyen-Orient vers l'Espagne) et des "menaces" (la hausse du coût des transports pour les usagers).

L'Espagne est la deuxième destination mondiale, ayant accueilli l'an passé le chiffre record de 97 millions de visiteurs.

Dans ce contexte globalement porteur, l'exécutif espagnol a lancé mi-avril, après l'avoir annoncé en janvier, un plan de régularisation massif de sans-papiers qui pourrait bénéficier à un demi-million de personnes, principalement d'Amérique latine, pour soutenir l'économie face au vieillissement de la population active.