"Erreur stratégique" : la France et ses alliés appellent l'UE à maintenir la trajectoire sur les voitures électriques et engagent le bras de fer avec l'Allemagne et l'Italie information fournie par Boursorama avec Media Services 05/06/2026 à 17:17
"On est suffisamment pour retarder le texte" européen, "voire le bloquer", a prévenu Paris.
La France et six autres pays ont appelé vendredi 5 juin l'Union européenne à maintenir une "trajectoire ambitieuse" en faveur des véhicules électriques malgré la pression allemande et italienne pour renoncer à l'interdiction à la vente des voitures thermiques neuves en 2035. Paris menace de bloquer un texte allemand qui voudrait aller encore plus loin.
Poussée par l'Allemagne, la Commission européenne a proposé en décembre de renoncer à l'interdiction à la vente des voitures thermiques neuves en 2035 , afin d'offrir davantage de flexibilités à l'industrie. À la place, les constructeurs devront réduire de 90% les émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2021 et compenser les 10% d'émissions restantes. Mais la coalition allemande voudrait aller plus loin encore, selon la presse, pour accorder davantage de place aux véhicules hybrides.
En réaction, le Danemark, l'Espagne, la France, le Luxembourg, les Pays‑Bas, le Portugal et la Suède défendent dans leur texte "une trajectoire forte d'électrification" des véhicules. "Porter atteinte à l'intégrité et à la prévisibilité" de la loi sur la réduction du CO2 dans l'automobile constituerait "une erreur stratégique", insistent-ils en amont d'une réunion des ministres de l'Environnement des Vingt-Sept fin juin.
Minorité de blocage
Les pays signataires invoquent la crise énergétique depuis la guerre au Moyen-Orient, une "démonstration claire que la réduction de la dépendance européenne aux combustibles fossiles est une nécessité absolue". Ils soulignent aussi les "incertitudes" entourant les carburants dits "renouvelables", une solution poussée par l'Italie, et qu'ils suggèrent de réserver en priorité au secteur aérien et maritime et non à l'automobile.
Si l'Allemagne ou l'Italie voulaient aller plus loin que la proposition de la Commission européenne, ces sept pays sont en capacité de former une minorité de blocage.
"On est suffisamment pour retarder le texte" européen, "voire le bloquer" , prévient le cabinet de la ministre française de la Transition écologique Monique Barbut, à l'initiative de ce texte.
"On va un peu remettre l'église au centre du village" pour rester au moins au niveau de ce que propose la Commission européenne, ajoute-t-on au ministère.
Avec la crise énergétique, "tout le monde se rue" sur les véhicules électriques , c'est un "changement de paradigme" qu'il faut prendre en compte, martèle encore l'équipe de Monique Barbut.