Energie, défense, décentralisation: Lecornu égrène ses priorités pour les mois à venir
information fournie par Reuters 07/02/2026 à 21:22

Réunion hebdomadaire du cabinet au Palais de l'Elysée à Paris

Le gouvernement français sera légèrement remanié avant le 22 février, annonce Sébastien Lecornu dans une interview à la presse régionale publiée samedi, dans laquelle le Premier ministre, tournant la page du budget, ‍promet de s'atteler à d'autres chantiers prioritaires malgré sa position fragile.

Avec la perspective du départ de la ministre de la Culture Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris, Sébastien Lecornu déclare que son équipe sera remaniée avant la période de réserve électorale des municipales de ‌mars, qui débute le 22 février.

"Ce sera un ajustement, les Français - et les administrations - veulent surtout de la stabilité", dit-il.

Considérant avoir "loyalement" "fait son devoir" pendant cinq mois sur le budget, le Premier ministre estime que "sur beaucoup d’autres sujets, la question de notre ​indépendance nationale, de notre souveraineté, ne peut pas attendre la présidentielle" de l'an prochain, citant l'agriculture, la défense, la lutte ⁠contre le narcotrafic et l'énergie.

"Une stratégie de petits pas, mais cohérente, orientée vers l'indépendance nationale, la crédibilité financière et la capacité d'agir. Le tout avec un gouvernement déconnecté de la présidentielle", assure-t-on dans l'entourage du locataire ⁠de Matignon.

Dans son interview, Sébastien Lecornu annonce que ‍la prochaine programmation pluriannuelle de l'énergie sera signée, après plus de deux années de retard, par ⁠décret en fin de semaine prochaine.

Il ne livre pas ses arbitrages, attendus avec impatience par la filière des renouvelables, sinon en confirmant la construction de six EPR et de huit en option et une nouvelle trajectoire d'investissements "dans l'éolien en mer, le photovoltaïque, la géothermie".

"Sur l'éolien ​terrestre, mais dont on sait qu'il est parfois source de conflit localement, la priorité sera donc donnée à la remotorisation des parcs existants avec des turbines plus puissantes pour éviter le mitage des paysages", ajoute-t-il.

NOUVEL "ACTE" DE DÉCENTRALISATION

"Frappé du décalage entre le bouleversement du monde et ⁠la vie politique intérieure", Sébastien Lecornu entend poursuivre la hausse du budget des armées et présenter en avril devant l'Assemblée ​nationale une loi de programmation militaire mise à jour, avec l'objectif de la voir adoptée ​avant le 13 juillet.

Le Premier ministre ​prévoit également de lancer un nouveau chantier sur la décentralisation, jugeant que "la nouvelle donne internationale et la situation de nos finances publiques ​rendent urgent de recentrer l’État sur certaines missions". "Avec un principe : une compétence, ⁠un responsable", dit-il.

Interrogé sur l'immigration, Sébastien Lecornu préconise le "bon sens" et les "actes efficaces" et annonce des décrets visant à améliorer le fonctionnement de l'Aide médicale d'Etat tout en maintenant ce dispositif qui "est, contrairement à ce qu’avance le RN, absolument indispensable d’un point de vue sanitaire".

"Le premier décret renforce la lutte contre la fraude, avec des perspectives d’économies de 180 millions d’euros. Le deuxième modernise enfin les systèmes informatiques de l’État afin ‌que tous les fonctionnaires en charge du dossier puissent y avoir accès", précise-t-il.

Le Premier ministre ajoute avoir demandé le développement d'une application d'intelligence artificielle pour accélérer le traitement des visas, qui sera expérimentée dans cinq préfectures en 2026 avant une généralisation prévue en 2027.

Sébastien Lecornu, qui défense une méthode de "compromis" et de "partage du pouvoir", rejette toute rumeur de candidature à l'élection présidentielle, "une maladie bien française de toujours penser au job qui suit".

"Je suis insensible à ces bruits. J'ai 39 ans, je suis Premier ministre dans des conditions plus que difficiles ‌au quotidien. Ça rend calme !", conclut-il.

(Jean-Stéphane Brosse)