Energie : Berlin coupe dans les subventions aux renouvelables
information fournie par Boursorama avec Media Services 29/07/2026 à 17:57

Selon la ministre allemande de l'Economie, l’État débourse entre 15 et 17 milliards d'euros annuellement pour soutenir les énergies renouvelables.

( AFP / INA FASSBENDER )

Moins subventionner les renouvelables et désengorger le réseau électrique : Berlin a présenté mercredi deux réformes pour rendre sa politique énergétique plus économe et "flexible", saluées par l'industrie mais décriées par le secteur des énergies vertes et les ONG.

Lors d'une conférence de presse, la ministre de l'Economie Katherina Reiche a déclaré vouloir "responsabiliser davantage les énergies renouvelables", qui, à l'aide de subventions publiques, ont connu une expansion qu'elle juge incontrôlée ces dernières années.

"La transition énergétique, telle qu’elle a été menée jusqu’à présent, n’est pas efficiente en termes de coûts", a déclaré la ministre conservatrice.

L’État débourse entre 15 et 17 milliards d'euros annuellement pour soutenir les énergies renouvelables, des coûts en "forte hausse" selon elle.

Mme Reiche a ciblé les exploitants d'installations solaires et d'éoliennes, qui jusqu'à présent reçoivent une subvention garantie quand ils injectent de l'électricité dans le réseau.

"Les coûts sont actuellement supportés par la collectivité, que l’électricité soit nécessaire ou non", appuie-t-elle.

Désormais, la subvention sera supprimée et les nouvelles installations devront vendre leur électricité directement sur le marché afin de mieux s’adapter à la demande.

Des aides pour les projets liés à l’hydrogène seront aussi supprimées.

Par ailleurs, dans une autre réforme, Katherina Reiche souhaite synchroniser le développement des installations renouvelables au réseau de transport de l'électricité, en quête de modernisation.

La ministre veut ainsi créer des zones "à capacité limitée", où la construction de nouvelles installations renouvelables seront financièrement moins encouragées.

Car les coûts du "redispatching" - pour transporter l'énergie majoritairement produite dans le Nord vers le Sud - sont aussi en hausse selon elle.

Les annonces du jour constituent un tournant par rapport à la politique menée par son prédécesseur écologiste Robert Habeck, en poste de 2021 à 2025.

Dans un communiqué, la fédération de l'industrie allemande (BDI) a salué "des impulsions importantes et depuis longtemps nécessaires en faveur d’un système énergétique efficace et compétitif".

A l'inverse, la fédération allemande des énergies renouvelables (BEE) s'inquiète d'une possible baisse de deux tiers de la demande pour les petites installations photovoltaïques.

En parallèle, face aux problèmes d'intermittence des énergies renouvelables, Katherina Reiche souhaite stimuler la production et les importations de gaz en Allemagne.

Des partis de gauche et ONG dénoncent un conflit d'intérêt, Mme Reiche ayant dirigé une filiale du fournisseur d'énergie E.ON active dans le gaz.

Elle a néanmoins répété mercredi son attachement à l'objectif de produire 80% de l’électricité du pays à partir d’énergies renouvelables d’ici 2030.