Enceinte et en campagne, Marine Tondelier expose sa conception
information fournie par AFP 18/08/2026 à 16:14

La patronne des Ecologistes Marine Tondelier, candidate à la présidentielle, en campagne à Issigeac (Dordogne), une des étapes de son Tour de France, le 28 juin 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

Première femme politique française à être candidate à la présidentielle tout en étant enceinte, la patronne des Ecologistes Marine Tondelier revendique son choix de poursuivre sa campagne et de mettre en avant les problématiques de l'infertilité.

Quand elle a su qu'elle était enceinte, même si elle a été saisie d'un "vertige", la question de poursuivre la campagne "n'a jamais été remise en question", a-t-elle expliqué à l'AFP. Mais il a fallu se projeter sur "comment on va faire".

La cheffe écologiste, dont la grossesse n'était pas programmée, a annoncé fin mars être enceinte de trois mois d'un "bébé miracle", après une fausse couche et un parcours de PMA et de FIV infructueux qui l'avait incitée à mettre en pause son projet d'enfant.

"Une campagne enceinte, c'est sportif", avait-elle confié juste après les élections municipales, au cours desquelles elle a souvent "vomi dans les toilettes des TGV" qu'elle prenait pour soutenir les candidats écologistes.

La patronne des Ecologistes Marine Tondelier, candidate à la présidentielle, en campagne à Issigeac (Dordogne), une des étapes de son Tour de France, le 28 juin 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

Des prétendants à l'Elysée, elle est l'une des plus actives sur le terrain, et enchaîne cet été les déplacements. "Mais je ne demande pas à tout le monde de faire comme moi", sourit-elle.

En juillet, à son septième mois de grossesse, l'élue des Hauts-de-France de 39 ans a parcouru la France en van électrique, en pleine canicule mais avec son dossier de grossesse sous le bras.

Seule concession: elle a écourté son périple (ne faisant que 24 des 26 étapes) en raison des fumées des incendies de Gironde, très nocives pour les femmes enceintes.

"C'est crevant", expliquait-elle, auprès de l'AFP lors de la première étape de son tour de France, mais "moins que d'être à Paris", où ses tentatives pour organiser une primaire avec le Parti socialiste ont échoué.

un militant sage-femme

Mener une campagne présidentielle enceinte, puis avec un nourrisson, est une première en France, fait valoir la candidate.

Mais elle se dit "très bien suivie". Et promet dans la Tribune dimanche, "tant que c'est raisonnable", de continuer à faire campagne et porter "les sujets de santé des femmes, de santé reproductive, de lutte contre l'infertilité, d'accès à la PMA (procréation médicalement assistée) et au DPI-A", le diagnostic pré-implantatoire qu'elle est allée faire en Belgique, car il est interdit en France.

La patronne des Ecologistes Marine Tondelier, candidate à la présidentielle, en campagne à Issigeac (Dordogne), une des étapes de son Tour de France, le 28 juin 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

Ainsi à Issigeac (Dordogne), une mère de famille l'a remerciée, en lui présentant sa fille née d'une fécondation in vitro (FIV).

Sur le terrain, sa grossesse a été "bien reçue" par l'opinion, remarque-t-elle, et lui a permis un lien différent avec les Français: on l'interroge pour connaître le sexe du futur enfant (un garçon), ou la date de l'accouchement.

Plusieurs femmes politiques françaises ont déjà été enceintes en occupant des fonctions ministérielles, comme Ségolène Royal, alors ministre de l'Environnement qui a accouché de son 4e enfant en 1992 et s'était mise en scène à la maternité.

Mais aussi Rachida Dati, alors ministre de la Justice en 2009, revenue au Conseil des ministres cinq jours après son accouchement, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie la même année, Olivia Grégoire, secrétaire d'Etat de l'Economie sociale et solidaire, en 2021.

Beaucoup ont déploré un monde politique encore trop peu adapté à la maternité, certaines préférant même taire leur grossesse par crainte de remarques ou d'un désaveu des électeurs, comme la macroniste Aurore Bergé lors des législatives de 2022.

Marine Tondelier, déjà mère d'un garçon et dont l'accouchement est prévu fin septembre, n'a pas encore déterminé combien de temps durera son congé maternité, au cours duquel, une équipe assurera l'intérim : "Je m'adapterai", dit-elle à la Tribune Dimanche. "À la santé du bébé et à la mienne. Il y a des priorités. Même en campagne présidentielle".

Pour les journées d'été de son parti, de jeudi à samedi à Grenoble, tout est déjà organisé: "il y a une clinique à 7 minutes, et un hôpital avec une maternité à 15 minutes", explique son entourage qui a aussi mobilisé un chauffeur et une voiture.

Sans compter un militant écologiste sage-femme, qui est prévenu et opérationnel en cas de besoin.