ENCADRÉ-Les responsables de la BCE écartent toute mesure sur les taux à court terme malgré la flambée du pétrole
information fournie par Reuters 09/03/2026 à 12:07

Les prix du pétrole bondi d'environ 60% en un peu plus d'une semaine dans le contexte de la guerre en Iran, incitant les marchés à parier que la Banque centrale européenne (BCE) pourrait relever ses taux pour contrer l'inflation liée à l'énergie.

Les opérateurs s'attendent désormais à une hausse des taux d'intérêt d'environ 40 points de base en 2026, alors que la plupart d'entre eux tablaient plutôt sur un statu quo avant le début de la guerre fin février.

Cependant, les dernières déclarations d'une série de membres de l'institut de Francfort minimisent, du moins pour l'instant, la nécessité d'agir à court terme:

ISABEL SCHNABEL, MEMBRE DU CONSEIL DE GOUVERNEURS DE LA BCE (6 mars)

"L'inflation devant atteindre notre objectif à moyen terme et les anticipations inflationnistes étant bien ancrées, la politique monétaire reste appropriée."

"La récente flambée des prix de l'énergie à la suite des tensions en Iran rend la trajectoire de l'inflation plus incertaine."

"Ce qui importe pour la politique monétaire, ce sont les perspectives à moyen terme, c'est-à-dire la question de savoir si la dynamique sous-jacente des prix et l'évolution des salaires sont compatibles avec l'objectif sur l'horizon pertinent pour la politique monétaire. Sur cette base, les enseignements tirés de la pandémie suggèrent que les décideurs politiques doivent agir avec prudence."

CHRISTINE LAGARDE, PRÉSIDENTE DE LA BCE (5 mars)

La BCE prendra ses décisions "en tenant compte de toutes les données dont nous disposons, que nous pouvons analyser et examiner avec suffisamment de certitude."

Il n'y a pas de "rythme prédéfini pour notre politique monétaire."

"Et je pense que si vous combinez ces deux éléments, cela place la BCE et le système euro dans une bonne position pour surveiller très attentivement et essayer de comprendre quelles seront les conséquences des chocs actuels à l'avenir."

OLAF SLEIJPEN, GOUVERNEUR DE LA BANQUE CENTRALE NÉERLANDAISE (6 mars)

"Même si je n'utiliserais plus les termes 'nirvana' ou "idéale", je n'ai pas radicalement changé d'avis sur notre situation actuelle, qui reste favorable."

"Je vois toujours une bonne position... mais tout dépend de la façon dont ce conflit va évoluer."

"Nous dépendons vraiment des données. Tout dépend donc de la façon dont les choses vont évoluer et de la manière dont nous allons évaluer ces évolutions à l'avenir."

JOSE LUIS ESCRIVA, GOUVERNEUR DE LA BANQUE D'ESPAGNE (6 mars)

"D'après les informations dont je dispose, je pense qu'il est très improbable que nous touchions aux taux lors de la prochaine réunion."

"Nous pouvons déjà considérer comme acquis qu'il y aura des effets (de la guerre)."

"Notre objectif d'inflation de 2% est un horizon à moyen terme, les mouvements transitoires ne doivent pas nécessairement nous conduire à prendre des décisions. Nous devons plutôt surveiller la situation et évaluer dans quelle mesure cela a des effets plus persistants au fil du temps."

LUIS DE GUINDOS, VICE-PRÉSIDENT DE LA BCE (5 mars)

"Le scénario de base (est) que cela sera de courte durée. Si cela dure plus longtemps, il y a un risque que les anticipations d'inflation changent."

MARTINS KAZAKS, GOUVERNEUR DE LA BANQUE CENTRALE DE LETTONIE (3 mars)

"Nous devons rester calmes."

"Je ne vois pas la nécessité de se précipiter pour agir sur les taux directeurs."

FRANÇOIS VILLEROY DE GALHAU, GOUVERNEUR DE LA BANQUE DE FRANCE (5 mars)

"Je ne vois pas aujourd'hui de raison pour laquelle nous, la BCE, devrions monter nos taux d'intérêt. Nous verrons au fil des réunions, mais aujourd'hui, je ne vois aucune raison de le faire."

JOACHIM NAGEL, PRÉSIDENT DE LA BUNDESBANK (5 mars)

"La situation actuelle est quelque peu différente (de celle de 2021/2022)."

"À l'époque, nous sortions tout juste de la phase d'assouplissement quantitatif (QE) et l'un des autres programmes d'achat d'actifs devait encore être arrêté."

(Compilé par Balazs Koranyi ; version française Diana Mandia, édité par Augustin Turpin)