En Uruguay, le pape appelle à "transmettre la joie de la foi" et "construire des ponts"
information fournie par AFP 07/11/2026 à 15:28

Un Uruguayen en tenue traditionnelle de gaucho à la messe du pape à Paysandu en Uruguay le 7 novembre 2026 ( AFP / EITAN ABRAMOVICH )

Le pape Léon XIV a rendu hommage samedi au maté, infusion très appréciée en Uruguay, et appelé à "construire des ponts" et à "transmettre la joie de la foi", lors de sa première messe à Paysandú, petite ville du pays le plus laïque d’Amérique latine.

Il a évoqué trois symboles de la région "qui peuvent nous aider à réfléchir au trésor de la foi".

"Le premier est le pont, le deuxième les palmeraies et le troisième le maté", a déclaré Léon XIV dans le parc París Londres de cette ville du nord-ouest de l’Uruguay, séparée de la ville argentine de Colón par un pont de deux kilomètres enjambant le fleuve Uruguay, une région qui abrite des palmeraies naturelles.

Le souverain pontife a appelé à "construire des ponts, resserrer les liens, unir, communiquer" et à transmettre la foi "aux générations futures avec un courage créatif", devant une foule de 40.000 personnes, selon les autorités locales.

Selon un sondage réalisé en 2026 par Latinobarómetro, seuls 35 % des Uruguayens se déclarent catholiques, ce qui place le pays au dernier rang de la région. Le Paraguay et le Mexique arrivent en tête du classement, avec respectivement 82 % et 69 % de catholiques.

"Nous devons être bien préparés à donner les raisons de notre foi à tous ceux qui nous les demandent et ne pas nous laisser entraîner par toutes sortes de doctrines étrangères", a demandé Léon XIV aux fidèles qui ont bravé la bruine matinale et se sont installés dans le parc, sous un ciel nuageux, avec des chaises de plage, des imperméables et du maté.

Le maté "nous enseigne le partage et la vie en communauté, à resserrer les liens qui nous unissent et nous rapprochent comme des frères", a déclaré le pape. "C’est un symbole d’intégration, d’accueil et de valeurs communes".

"Le maté est même arrivé jusqu’à Rome ! " s’est-il exclamé, déclenchant les rires de la foule.

"C’est une expérience unique, difficile à expliquer. On ressent quelque chose de magnifique. Et s’il pleut, nous sommes là quand même", a déclaré Adela Giles, 56 ans, qui avait parcouru 50 kilomètres pour voir le pape avec sa mère âgée de 81 ans.

Près des barrières, dans l’espoir de voir passer la papamobile, Alicia Arauco agitait avec enthousiasme un drapeau argentin. Venue de Concordia, elle avait passé la nuit dans le parc. "J’étais venue à Salto lors de la visite de Jean-Paul II, en 1988. J’avais 21 ans. Aujourd’hui, j’ai amené mon fils, qui a lui aussi 21 ans", a-t-elle raconté.