En un an sous Trump, presque autant de frappes américaines que pendant la présidence Biden, selon l'ONG Acled
information fournie par AFP 15/01/2026 à 07:20

Des habitants regardent des conteneurs calcinés au port de La Guaira, au Venezuela, le 3 janvier 2026, après la capture du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines à la suite d'une offensive de grande envergure ( AFP / Juan BARRETO )

Un autoproclamé "président de la paix" qui a le goût de la force: depuis le retour au pouvoir il y a un an de Donald Trump, l'armée américaine a déjà mené presque autant de frappes aériennes que pendant toute la présidence de Joe Biden, selon un décompte de l'ONG Acled.

Les frappes des avions américains sur les défenses aériennes vénézuéliennes pendant la capture de Nicolas Maduro, le 3 janvier, ont porté le total du président républicain à 672 frappes aériennes ou de drone depuis son investiture le 20 janvier 2025, contre 694 pour Joe Biden sur sa présidence complète (2021-2025).

Donald Trump dépasse déjà largement son prédécesseur démocrate sur les frappes unilatérales: 587 hors coalition, contre 494 pour Biden en quatre ans.

Acled dénombre les frappes et les victimes en compilant des données de différentes sources sélectionnées qu'elle juge fiables (médias, institutions, partenaires locaux).

Plus de sept frappes sur dix depuis un an ont ciblé le Yémen, la majorité dans le cadre d'actions visant les rebelles Houthis. Près de deux frappes sur dix ont visé des mouvements islamistes en Somalie.

Frappes de l'armée américaine (seule ou en coopération) répertoriées par l'ONG Acled dans 7 pays depuis le début du mandat de la deuxième présidence de Donald Trump le 20 janvier 2025, et autres frappes menées contre des embarcations en mer des Caraïbes et dans l'Océan Pacifique listées par l'AFP ( AFP / Paz PIZARRO )

Les Etats-Unis ont aussi déclenché des frappes aériennes au Nigeria, en Syrie, Irak, Iran, et mènent depuis septembre une campagne de frappes contre des embarcations présentées comme appartenant à des trafiquants de drogue dans les Caraïbes et le Pacifique.

Ces actions ont dans l'ensemble causé la mort de plus de 1.000 personnes, dont des civils, selon le décompte d'Acled.

Pour Clionadh Raleigh, directrice générale d'Acled, la multiplication des frappes "remet ouvertement en cause l'idée que le pouvoir (d'un pays, ndlr) devrait être limité par des règles partagées" de droit international.

"Quand le président (Trump) dit que seule sa +morale personnelle+ limite ce qu'il peut faire, cela indique un éloignement du droit, des institutions et des alliances", a-t-elle souligné dans un communiqué.