En Iran, le délicat positionnement des footballeurs face à la répression
information fournie par So Foot 21/01/2026 à 11:57

En Iran, le délicat positionnement des footballeurs face à la répression

Confronté à un mouvement de contestation inédit depuis le 28 décembre, la République islamique d’Iran a répondu par le sang. Si les joueurs de football avaient été l’un des visages de la précédente vague de manifestations en 2022, ils semblent cette fois-ci se montrer relativement plus discrets. Le résultat d’une positon ambiguë, comme d’une reprise en main du ballon rond par le régime depuis trois ans.

« En tant qu’athlète, je soutiendrai toujours le peuple de mon pays. Je lui souhaite le meilleur » . Les quelques mots sont lancés par Sardar Azmoun, l’attaquant vedette de l’équipe nationale iranienne, dans un message publié sur Instagram le 8 janvier dernier. Ce jour-là, les rues du pays sont noires de monde. Lancé dix jours plus tôt par les commerçants du grand bazar de Téhéran et les agents de change, le mouvement de contestation s’est élargi, amplifié, dans ce qui finit par constituer la plus importante mobilisation populaire en Iran depuis la révolution de 1979. Acculé, le pouvoir répond par un bain de sang. Les manifestants tombent sous les balles. Dans le même temps, l’accès à Internet est presque intégralement coupé. Selon l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), au moins 3 090 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations. Un bilan probablement sous-estimé, qui dépasse largement celui des précédentes vagues de contestations.

Le football iranien pris dans la propagande d’État

Dans un pays où le football est immensément populaire et, comme dans bon nombre de régimes dictatoriaux, instrumentalisé par le pouvoir à des fins politiques, les joueurs savent leur parole aussi écoutée que contrôlée. Si la République islamique s’est longtemps méfiée du ballon rond, vu comme un symptôme d’occidentalisation du pays, les choses changent après la qualification de la Team Melli pour la Coupe du monde 1998, une première depuis vingt ans. Le foot devient alors enjeu de propagande. Réfugié en France depuis 44 ans, le journaliste et réalisateur iranien Jamshid Golmakani a suivi l’équipe nationale pendant sa préparation pour le Mondial 1998. Il en a tiré un documentaire, L’Iran, du foot et des affaires : « Le régime voulait montrer que cette équipe jouait pour l’Islam et l’ayatollah [Ali Khamenei] . Les joueurs avaient même été envoyés en pèlerinage à La Mecque, la télévision diffusait en boucle les images. Mais pour les avoir côtoyés au quotidien, ces garçons n’étaien

Par Cyrus Mohammady--Foëx pour SOFOOT.com

Lire la suite de l'article sur SoFoot.com