En Guinée équatoriale, le pape dénonce les inégalités et les conditions de détention information fournie par Reuters 22/04/2026 à 16:27
par Joshua McElwee
Le pape Léon XIV a dénoncé mercredi les inégalités de richesse alors qu’il traversait la Guinée équatoriale, pays riche en pétrole, pour la dernière étape de sa tournée africaine et la première visite papale dans ce pays depuis 1982.
Exhortant les croyants à œuvrer pour réduire le fossé entre riches et pauvres, le souverain pontife a appelé les Équato-Guinéens "à servir le bien commun plutôt que des intérêts privés" lors d'une messe célébrée dans la basilique de l’Immaculée Conception, le plus grand édifice religieux d'Afrique centrale.
La Guinée équatoriale, dirigée depuis 1979 par le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, est considérée comme l’un des pays les plus répressifs de la région.
Mais le pays, grâce à ses richesses pétrolières, entretient des relations cordiales avec les États-Unis et a récemment conclu un accord avec l’administration américaine pour accueillir des personnes expulsées d’autres pays.
Léon XIV, qui s'est attiré les foudres du président américain Donald Trump après s'être montré plus virulent contre la guerre et le despotisme, a survolé mercredi environ 700 km à travers la Guinée équatoriale pour visiter trois villes du pays.
Le Vatican a indiqué qu'environ 100.000 personnes s'étaient rassemblées à l'intérieur et à l'extérieur de la basilique de l'Immaculée Conception pour la messe du pape, dont le président équato-guinéen et son fils, le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, plus connu sous le nom de Teodorin.
Des militants espéraient que le pape attirerait l'attention sur les personnes expulsées des États-Unis vers la Guinée équatoriale.
Un groupe de 70 ONG a publié lundi une lettre ouverte appelant Léon XIV à faire pression pour un "traitement juste, humain et légal" des déportés, affirmant qu’ils subissaient des pressions pour retourner dans leur pays d’origine.
Le pape devait également visiter une prison de haute sécurité où, selon les groupes de défense des droits de l'homme, des prisonniers politiques sont détenus dans des conditions abusives.
Léon XIV, qui a adopté un nouveau style de discours percutant lors de sa tournée en Afrique, a dénoncé lors de sa messe les mauvaises conditions de détention des "prisonniers, souvent contraints de vivre dans des conditions d'hygiène et sanitaires préoccupantes".
(Reportage de Joshua McElwee ; version française Etienne Breban, édité par Blandine Hénault)