EN DIRECT-Macron dénonce la "violence débridée" et appelle à la responsabilité
information fournie par Reuters 18/10/2026 à 20:39

Emmanuel Macron a dénoncé une "violence débridée" qu'il a imputée à des "factieux" d'ultra-gauche et à des délinquants au lendemain des scènes de violence et de pillages qui ont terni une journée de vaste mobilisation contre la vie chère dans toute la France.

Dans une allocution solennelle diffusée à la télévision au moment où Paris connaissait de nouvelles scènes de chaos, le chef de l'Etat a promis des aides rapides aux commerçants dont les magasins ont été pillés, affirmé que "ceux qui ont détruit doivent payer" et renvoyé sur les préfets et les maires la responsabilité d'interdire de futurs rassemblements.

Appelant l'ensemble des partis politiques à faire preuve de responsabilité à sept mois de l'élection présidentielle, il a aussi promis de répondre aux "revendications légitimes" des manifestants, notamment celles des lycéens et des étudiants.

Initialement né sur les réseaux sociaux, l'appel à manifester le 17 octobre avait été relayé par les syndicats lycéens qui se mobilisent depuis la mi-septembre pour obtenir de meilleures conditions d'enseignement, ainsi que par des organisations syndicales.

Le ministère de l'Intérieur a dénombré 550.000 manifestants dans tout le pays, dont 110.000 à Paris, la CGT faisant état pour sa part de 800.000 personnes dans les cortèges, qui se sont dans l'ensemble déroulés sans incident.

PRINCIPAUX DÉVELOPPEMENTS :

20h10 - Le président Emmanuel Macron dénonce la "violence débridée de factieux de la mouvance d'ultra-gauche et de délinquants", disant avoir éprouvé de la "honte" face à l'ampleur des dégradations.

Dans une allocution solennelle, le chef de l'Etat a promis des aides aux commerçants victimes de pillages et renvoyé sur les préfets la responsabilité de "protéger nos villes, nos bâtiments publics et nos commerces", si besoin en interdisant certains rassemblements qui pourraient dégénérer.

Prônant le dialogue avec les manifestants qui ont exprimé pacifiquement des revendications "légitimes", il a assuré que les autorités se montreraient "intraitables" avec les casseurs. "L'écoute et le dialogue ne signifient ni la faiblesse ni l'impunité", a-t-il dit.

Emmanuel Macron a enfin demandé à l'ensemble des partis politiques et des syndicats de condamner les violences et d'appeler au calme pour permettre à la campagne de l'élection présidentielle de se dérouler dans les meilleures conditions. "Le pays a besoin d'ordre et d'apaisement", a-t-il plaidé.

18h20 - "La République, ce n'est pas le pillage", déclare Edouard Philippe, ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron et candidat à l'élection présidentielle, en pointant du doigt la responsabilité de "l'ultra-gauche" dans les violences qui émaillent les mouvements sociaux.

18h00 - "Notre pays est pris en étau, voire en otage, entre la violence et l'impuissance", déclare Marine Le Pen dans une allocution aux Français. "Ce qui se joue aujourd'hui dépasse cette question de l'ordre public, nous vivons une crise profonde de confiance, d'autorité qui fait peser une menace sur la démocratie", ajoute la candidate du Rassemblement national en vue de la prochaine élection présidentielle.

"Ces événements violents ne sont pas nés de rien, ils interviennent dans un contexte délétère que le gouvernement a lui même créé (...) Les inquiétudes, les souffrances, les plaintes des Français se sont transformées en exaspération et même parfois en colère. Ces colères sont souvent légitimes tant les crises se sont succédé sans qu'aucune décision ne soit prise, mais que les choses soient claires, très claires : il y a des millions de Français qui sont en colère mais qui ne cassent rien, qui ne pillent rien, ne brûlent rien. Je condamne ainsi fermement l'instrumentalisation de ces colères par des forces politiques qui encouragent la violence."

17h10 - "La France a été humiliée", déclare le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, à propos des violences qui ont émaillé la journée de samedi. "Que Macron s'en aille, demande pardon", ajoute le dirigeant d'extrême droite, dénonçant un dispositif de maintien de l'ordre "manifestement sous-dimensionné".

17h00 - De nouveaux heurts entre la police et des émeutiers ont lieu autour de la place de la République à Paris, montrent les images diffusées par les chaînes d'information en continu.

14h30 - Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, annonce sur X un nouveau bilan de plus de 2.000 personnes interpellées et de plus de 600 policiers, gendarmes et pompiers blessés.

12h55 - Dans un communiqué, la Confédération des commerçants de France, qui dit représenter plus de 7.000 TPE du commerce et de l'artisanat dans les centre-villes, estime que près de 1.500 commerces ont été touchés à travers la France samedi.

12h45 - Emmanuel Macron réunira à 17h30 à l'Elysée le Premier ministre Sébastien Lecornu et les ministres du gouvernement concernés et s'adressera solennellement aux Français à 20h00, annonce l'Elysée.

11h35 - "Je veux des explications et des moyens pour que cela ne se reproduise plus", déclare à la presse le maire socialiste de Marseille, Benoît Payan, alors que le ministre de l'Intérieur est attendu lundi dans la ville. "Mon propos n'est pas d'incriminer la police nationale. La police nationale, elle fait en fonction de qu'on lui demande (...). Je veux savoir quels ordres leurs ont été donnés, je veux savoir s'il leur a été demandé de s'occuper uniquement des manifestants et de lancer des lacrymos sur les manifestants et de ne pas s'occuper des pillages dans la ville."

11h20 - "Pendant une heure, je n'ai pas eu un seul policier national pour protéger la mairie", déclare sur BFM TV Guillaume Guérin, maire LR de Limoges. "On a un problème de soutien de nos forces de l'ordre", ajoute-t-il en déclarant avoir été informé par des policiers qu'ils manquaient de munitions.

11h00 - Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, annonce sur X un bilan de 1.800 personnes interpellées samedi en France et de plus de 500 policiers, gendarmes et pompiers blessés.

10h45 - La secrétaire nationale des Ecologistes Marine Tondelier réclame sur X la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, "manifestement dépassé par la situation".

10h12 - "Ce bilan est désastreux car il emporte de lourdes conséquences : d’abord sur les libertés et notamment celle de manifester puisqu’elle est entravée par la violence ; ensuite sur la jeunesse confrontée à la brutalité et privée des réponses attendues du Gouvernement ; enfin sur l’État qui n’a pas été capable d’assurer partout l’ordre public", estime l'ancien président François Hollande dans un message sur X.

09h45 - A Lyon, le préfet du Rhône, Etienne Guyot, fait état de 160 personnes interpellées et placées en garde à vue et d'une centaine de membres des forces de l'ordre blessés.

08h50 - "Nous avons une ville dans une situation de délabrement total", déplore sur franceinfo la première adjointe au maire de Paris, Lamia El Araaje. "Nous avons assisté à des scènes de pillage méthodiques qui n'ont rien à voir avec les revendications sociales."

"A l'évidence, les forces de l'ordre ont été débordées (...) Il y a eu clairement un manque de moyens", dit-elle.

08h15 - Une personne est décédée à la suite d'un arrêt cardiorespiratoire samedi à Paris lors des manifestations contre la vie chère, pendant lesquelles 855 interpellations ont été effectuées, ce qui représente un "chiffre record", déclare la préfecture de police dans un bilan établi à 08h00.

Treize policiers et gendarmes et deux sapeurs-pompiers ont été blessés, ajoute-t-elle.