EN DIRECT-France/Législatives-Tractations pour former une coalition capable de gouverner
information fournie par Reuters 09/07/2024 à 20:43

Les tractations se poursuivent à gauche et au centre pour imaginer une nouvelle configuration politique après la victoire inattendue du Nouveau Front populaire (NFP) aux élections législatives anticipées, devant le camp présidentiel et le RN.

Le bloc de gauche, qui réclame la nomination par Emmanuel Macron d'un ou une Premier ministre issu de ses rangs, promet de désigner un candidat dans les prochains jours mais l'incertitude subsiste sur la méthode et le rapport de forces interne au groupe, où La France insoumise et les socialistes se disputent la première place en nombre de députés.

Le camp présidentiel, lui, ne s'avoue pas vaincu et prône une coalition "centrale", se disant prêt à discuter avec tous les membres de "l’arc républicain", hors Rassemblement national (RN) et la France insoumise (LFI).

Dimanche, le NFP a remporté 182 sièges, loin de la majorité absolue (289), le camp présidentiel "Ensemble pour la République" 168 sièges, tandis que le RN et ses alliés "ciottistes", pourtant donnés en tête dans les sondages, ont obtenu 143 sièges.

Emmanuel Macron, qui part mardi pour Washington où se tient le sommet de l'Otan, a refusé lundi la démission du Premier ministre sortant Gabriel Attal afin de garantir la stabilité du pays le temps que la nouvelle donne à l'Assemblée nationale se concrétise politiquement, avec la constitution des groupes.

LES DERNIERS DÉVELOPPEMENTS :

20h21 - Mathilde Panot annonce être réélue à la présidence du groupe parlementaire de LFI à l'Assemblée nationale.

"Chaleureux remerciements à mes camarades (députés) qui me font l'honneur de me réélire présidente du groupe parlementaire de la France insoumise - Nouveau Front Populaire à l'Assemblée nationale", a écrit l'élue du Val-de-Marne sur le réseau social X.

15h00 - S'exprimant devant l'Assemblée nationale où arrivaient ses collègues députés socialistes, le secrétaire général du PS, Olivier Faure, s'est dit "prêt à assumer la fonction" de Premier ministre, à condition que ce choix se fasse "dans le dialogue" avec les membres du NFP.

"Nous ne sommes pas pressés. Le président de la République est à Washington, il serait sain de ne pas laisser un vide dans lequel le chef de l'Etat s'installerait".

13h20 - Pierre Cazeneuve, député Renaissance, a appelé à la constitution d'une "coalition raisonnable", des socialistes à LR, "pour continuer à protéger les Français".

"D'abord nous avons perdu cette élection, il faut être clair. Nous avons réaffirmé nos lignes rouges : aucun accord avec la France insoumise ni avec le Rassemblement national", a dit l'élu des Hauts-de-Seine à l'issue d'une réunion d'élus Renaissance à l'Assemblée.

"J'appelle les députés socialistes à quitter cette alliance funeste avec des gens qui ne sont pas républicains, frôlent l'antisémitisme, appellent à taper sur la police", a-t-il dit. "S'il y a ne serait-ce qu'un sous-sous-secrétaire d'Etat La France insoumise, pour nous c'est niet."

10h15 - Interrogée sur BFM TV, la ministre déléguée à l'Agriculture Agnès Pannier-Runacher, a prôné la constitution d'une coalition "entre la droite raisonnable et la gauche responsable" :

"Nous sommes condamnés à travailler ensemble pour former une coalition. Je fais les additions. Ensemble et LR ne font pas une majorité absolue. La coalition se situe très probablement entre la droite raisonnable et la gauche responsable", a-t-elle dit. Des LR aux communistes ? "Pourquoi pas", a-t-elle ajouté.

10h00 - Les députés écologistes, puis insoumis, sont arrivés à l'Assemblée nationale. Les élus PS sont attendus dans l'après-midi au Palais Bourbon, ceux du RN mercredi.

08h46 - Benoît Payan, maire divers gauche de Marseille, affirme sur franceinfo à propos du nom du futur Premier ministre présenté par le NFP qu'il "n'y a aucune raison que ce soit un insoumis plus qu'un autre", appelant plutôt à un membre du PS.

"Il faut une force tranquille (...) Je pense qu'il faut un socialiste pour gouverner ce pays."

L'édile réclame également d'"aller vers une nouvelle République".

"Ce n'est pas qu'une question de proportionnelle, il faut tout changer, le rôle du président de la République, du Parlement (...) Il faut changer de République et il faut le faire vite, bien, en parlant à tout le monde."

08h45 - Le coordinateur de LFI Manuel Bompard dénonce sur CNews des "tentatives d'effacer le résultat de ces élections législatives", affirmant que le président de la République ne semble "pas prendre acte du résultat de ces élections".

Le député LFI ajoute par ailleurs que Jean-Luc Mélenchon fait "bien sûr (...) partie des options possibles pour être futur Premier ministre du Nouveau Front populaire".

Le choix d'un nom se fera cependant après discussion, a-t-il réitéré. "Bien évidemment nous sommes dans une coalition et que dans cette coalition, forcément ça doit se faire dans la discussion entre les différentes composantes (...) pour trouver un dispositif global qui convienne à tout le monde".

08h33 - La présidente sortante de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, réélue députée des Yvelines, appelle sur France Inter à construire une feuille de route commune, "des Républicains à la gauche sociale-démocrate" : "mettons nous autour d'une table pour définir un certain nombre de mesures qui pourraient être mises en œuvre dans les mois qui viennent et qui amélioreraient concrètement la vie de nos compatriotes maintenant".

Le NFP, qui représente 32% de l'Assemblée nationale, ne peut "prétendre gouverner à eux tout seul", affirme Yaël Braun-Pivet, qui dit faire le même constat pour "le bloc central" et le RN.

08h23 - Clémence Guetté, députée LFI du Val de Marne, répète la position de son parti sur LCI, à savoir que "c'est le groupe qui aura le plus de force au sein de la coalition qui pourra proposer un nom".

"Ça ne sera pas là non plus un passage en force, ce sera en discussion avec les partenaires de la coalition (...) ça n'est pas parce qu'on propose des noms qu'on les impose aux autres. On va en discuter"', a-t-elle affirmé.

08h13 - "Jean-Luc Mélenchon n'est pas qualifié pour être Premier ministre. De la même manière, vous n'aurez pas François Hollande Premier ministre", a affirmé sur Public Sénat Clémentine Autain, députée réélue en Seine-Saint-Denis qui avait précédemment acté sa rupture avec LFI.

"Nous, on veut un groupe commun NFP (à l'Assemblée), c'est pas du tout le chemin qui est emprunté au moment où je vous parle. Il va falloir que le NFP ait sinon un groupe commun, au moins un intergroupe".

La députée dont le nom circule comme possible Première ministre, se dit "prête à prendre cette responsabilité si on me la confie. Je ne veux exclure personne, nous avons des talents divers. On va trouver une solution. Nos électeurs nous attendent".

08h01 - Sur RTL, le secrétaire national du Parti communiste français Fabien Roussel affirme qu'il faudra pour le NFP un "profil rassembleur, qui ait une capacité de dialogue et d'écoute importante".

"Avant de dire, c'est telle personne, il faut définir l'objectif politique : ou on désigne un Premier ministre qui dira c'est ça ou rien, on a une telle mission et on avance. Un tel gouvernement n'échappera à la censure. Ou nous avons un gouvernement ouvert, de dialogue, rassembleur, qui tend la main et qui construit des majorités. Cette question n'est pas tranchée".

8h00 - Sur France Inter, le député PS Boris Vallaud estime que "les socialistes ont leur légimité" pour avoir un candidat au poste de Premier ministre. "Ca peut être en effet une ou un socialiste".

Boris Vallaud défend un gouvernement de gauche "qui a, à l'Assemblée nationale, une assise plus large que nous-même" mais refuse d'indiquer si des personnalités de l'ancienne majorité pourrait y participer. "Nous n'en sommes pas là".

Interrogé sur la stabilité d'un tel gouvernement face à des motions de censure, le député estime que "ce sera la responsabilité, notamment de ce que vous appelez le bloc central, d'avoir à choisir entre le Nouveau Front populaire et un certain nombre de mesures qui seront mises en débat à l'Assemblée nationale et l'extrême droite".

07h54 - Johanna Rolland, première secrétaire déléguée PS et maire de Nantes affirme sur France 2 que "Jean-Luc Mélenchon n'est pas celui qui dirigera le gouvernement du Front populaire (...) c'est pas un scoop ce matin mais je peux vous le confirmer".

"Il y a des discussions en permanence. Il y en avait eu la nuit d'avant très très longues et hier soir tout le monde a repris un peu d'énergie (...) Les discussions vont se poursuivre (...) ça peut durer un peu donc c'est une course de longueur dans laquelle nous sommes engagés. (...) C'est le temps de faire les choses bien, c'est ce qu'on doit aux Françaises et aux Français", a-t-elle ajouté.

07h45 - L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (LR), estime sur RMC que son groupe politique pourrait être la clef pour sortir de l'impasse politique.

"Je pense que la clef est chez les Républicains car le président choisira la coalition la plus importante (...) Il y a un bloc central qui s'il se rassemble, fait 200 députés environs, auquel cas, c'est le premier groupe".

"Aujourd'hui, les Républicains peuvent imposer ce qu'ils souhaitent à un gouvernement, à Emmanuel Macron", affirme t-il.

07h08 - Dans une tribune au Monde, le secrétaire général de Renaissance Stéphane Séjourné en appelle "aux leaders de la gauche républicaine comme aux indépendants et aux Républicains", afin de suivre un "chemin où, par le dialogue et le compromis, nous pouvons donner un gouvernement et une feuille de route à la France.

Le bloc central, ajoute t-il, "est prêt à discuter avec tous les membres de l’arc républicain" mais selon leurs conditions, ce qui "exclut nécessairement Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise de l’équation gouvernementale".

(Rédigé par Kate Entringer, avec Bertrand Boucey, Elizabeth Pineau, édité par Jean-Stéphane Brosse)