EN DIRECT-France/Elections-Bardella veut la majorité absolue, Le Maire fustige le "Reniement National" information fournie par Reuters 18/06/2024 à 18:13
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Le président du Rassemblement National (RN), Jordan Bardella, a appelé les Français à donner la majorité absolue à son parti à l'issue des élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet, expliquant que dans le cas contraire il ne serait pas en mesure de former un gouvernement et n'irait donc pas à Matignon.
"Ça commence à ressembler à un refus d'obstacle", a ironisé l'actuel Premier ministre, Gabriel Attal qui mène la campagne des législatives pour le camp présidentiel.
Alors que le RN a sérieusement édulcoré les propositions économiques phares de son programme ces derniers jours, l'actuel ministre des Finances, Bruno Le Maire, a estimé que le parti de Marine Le Pen devrait être rebaptisé "Reniement National", tandis que le secrétaire général du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, a accusé Jordan Bardella de vouloir "donner des gages aux puissants".
LES DERNIERS DÉVELOPPEMENTS :
17h40-Les responsables de fédérations et des unions départementales de la CGT ont voté mardi en faveur d'un soutien explicite au Nouveau Front populaire, rapporte RMC.
Le syndicat a décidé d'appeler à voter pour le Nouveau Front populaire puisqu'il s'agit d'une alliance de gauche et non pas d'un parti, a indiqué un membre du Comité consultatif national de la CGT cité par RMC.
La CGT faisait partie des cinq syndicats ayant appelé à la mobilisation à la suite de la décision surprise d'Emmanuel Macron de dissoudre l'Assemblée nationale.
11h10-Manuel Bompard, un des coordinateurs de LFI, n'a pas exclu qu'un éventuel Premier ministre de gauche soit désigné à l'issue d'un vote interne en cas de victoire du Nouveau Front Populaire, comme l'a demandé Olivier Faure (PS), tout en soulignant qu'il incombera au président Emmanuel Macron de faire son choix.
"Si on connaît bien les institutions de la Ve République (...) à la fin c'est le président de la République qui choisit un Premier ministre et qui teste pour savoir si ce Premier ministre a la confiance", a-t-il dit sur BFMTV.
"Nous avons dit la semaine dernière qu'à l'issue des élections législatives, le groupe politique qui obtiendra le plus grand nombre de députés fera une proposition de candidat (pour Matignon)", a rappelé Manuel Bompard, ajoutant que "ça peut se faire par un vote" mais se refusant à avancer le moindre nom.
8h30-"Ça commence à ressembler à un refus d'obstacle", a ironisé Gabriel Attal, interrogé sur les propos de Jordan Bardella disant vouloir être Premier ministre uniquement en cas de majorité absolue. "On voit qu'il y a de moins en moins de programme et de plus en plus de conditions", a-t-il ajouté sur sur franceinfo.
"Ils nous promettent, extrême droite comme extrême gauche dans leurs programmes, un matraquage fiscal à tous les étages", a par ailleurs dénoncé le Premier ministre, qui promet pour sa part d'inscrire "dans la loi de finances qu'on n'augmente pas les impôts" et de lancer "dès cet été" une nouvelle loi de lutte contre la fraude fiscale et aux aides publiques.
8h30 - "Les propositions qui sont les leurs sont mortelles", juge le maire de Pau François Bayrou sur Sud Radio, évoquant le RN. "Construire un pouvoir politique sur la division en ciblant perpétuellement une partie de la population comme s'ils étaient responsables, c'est se condamner à avoir de graves ennuis."
"La question n'est plus celle de la majorité ou du président, c'est celle du choix que les Français vont faire pour l'avenir du pays. Kylian Mbappé l'a dit de manière transparente : il y a deux propositions extrêmes, et une proposition centrale qui doit réunir".
Interrogé sur la possibilité d'une majorité introuvable à l'Assemblée nationale, François Bayrou a dit avoir "toujours cru qu'un jour ou l'autre, un gouvernement d'union nationale, un gouvernement d'union républicaine, un gouvernement de gens dont les fondamentaux sont les mêmes, (...) j'ai toujours pensé que ceux-là devaient se retrouver."
8h30-Olivier Faure (PS) souhaite qu'en cas de majorité de gauche à l'Assemblée nationale, le Premier ministre soit désigné à l'issue d'un vote qui empêcherait l'une des composantes du Nouveau Front Populaire, en particulier la France insoumise (LFI), d'imposer son candidat aux autres.
"En l'absence de fonctionnement démocratique, cela ne fonctionnera pas", a dit le secrétaire général du PS sur BFMTV. "Nous devons chercher celui qui (peut) rassembler."
Sur la politique fiscale, Olivier Faure a justifié le rétablissement de l'impôt sur la fortune (ISF) par la volonté du Nouveau Front Populaire de "revenir sur les grands cadeaux fiscaux qui ont profité aux plus riches", et permis notamment l'explosion du versement de dividendes aux actionnaires par les grandes entreprises alors que dix millions de Français vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Le renoncement du RN à la plupart de ses promesses économiques montre au contraire que "la priorité de Jordan Bardella est donner des gages aux puissants", a-t-il ajouté.
8h10-"Pour agir, il me faudra être en situation de majorité absolue", a déclaré Jordan Bardella, disant ne pas vouloir être Premier ministre en cas de majorité relative à l'Assemblée nationale.
Disant sur CNews refuser le pouvoir pour sa "gloire personnelle", le président du RN a appelé les Français à se mobiliser pour le placer "en situation d'agir". "Je n'envisage pas d'être le collaborateur d'Emmanuel Macron", a-t-il insisté.
Revenant sur sa volonté de mettre en place un audit des finances publiques avant d'éventuellement engager les réformes qu'il promettait jusqu'à présent, comme la baisse de la TVA ou l'abrogation de la réforme des retraites, Jordan Bardella a dit vouloir "rétablir de la raison budgétaire dans les comptes publics".
"Nous arbitrons en fonction [de cet audit], avec la priorité à des baisses de taxes, à la sécurité et à l'immigration. (...) C'est le temps des urgences. Et à compter de l'automne, j'engagerai le temps des réformes."
7h40-"C'est plus le Rassemblement National, c'est le reniement national", a lancé Bruno Le Maire sur le plateau de la matinale de TF1.
"Toutes les mesures qui étaient présentées pendant la campagne européenne (du parti de Jordan Bardella) ont disparu", a poursuivi le ministre des Finances, citant en particulier la baisse de la TVA sur l'énergie et l'alimentation promise de longue date par le RN pour lutter contre les effets de l'inflation mais que le parti d'extrême droite semble désormais remettre à plus tard.
"Il reste quoi pour le pouvoir d'achat dans le programme du Rassemblement National ? Rien ! (...) Il faut améliorer votre quotidien. Nous vous proposons des mesures très concrètes" pour améliorer le pouvoir d'achat, a-t-il poursuivi à l'intention des électeurs, citant les promesses de prime défiscalisée jusqu'à 10.000 euros pour les personnes qui travaillent, le maintien de l'exonération des heures supplémentaires ou encore l'allègement de charges pour que le salaire net soit plus élevé.
7h40-Eric Ciotti a une nouvelle fois défendu l'alliance conclue avec le Rassemblement national, dénonçant le "Diktat" qui empêchait selon lui la droite de s'unir jusqu'à présent.
"C'était le moment, parce que le pays est à terre. Il fallait casser les tabous, et je ne le regrette pas", a-t-il dit sur RTL.
Interrogé sur la réforme des retraites qu'il a votée à l'Assemblée nationale, que Jordan Bardella propose d'abroger à partir de l'automne, Eric Ciotti a répondu : "Si nous gagnons, Jordan Bardella sera Premier ministre, ce sera à lui de décider."
(Rédigé par Tangi Salaün avec Blandine Hénault et Nicolas Delame)